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Anaser : Quand le ministre des Transports tient à sauver le fauteuil de Diadji Sacko

  • 22 oct. 2021
  • 3 min de lecture

Empêtrée dans un imbroglio fiscal, la Direction générale de l’Agence nationale de sécurité routière (Anaser) doit probablement sa survie à un Comité de veille mise en place par Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures. La note de création a été signée le 17 septembre dernier. La question qui titille les esprits est celle de savoir pourquoi créer un Comité de veille pour accompagner une structure comme l’ANASER dans la résolution de ses difficultés, notamment d’ordre fiscal, organisationnel et social ? La ministre cherche-t-elle à sauver un navire qui est en train de couler ? A quelle fin ? A-t-elle bénéficié d’une largesse de la part de la directrice de l’Agence, Diadji Sacko ?

Cette série de questions méritent d’être examinées à la loupe au ministère des Transports et des Infrastructures pour donner un sens à la lutte pour le changement qui justifie la nomination de Dembélé Madina Sissoko. Comme l’a dit l’ancien de la Défense et des anciens combattants, feu Boubacar Sada Sy, un responsable est fait pour prendre des décisions difficiles. Le sentimentalisme n’a pas raison d’être lorsqu’il s’agit d’assainir un service en panne de management. Surtout que la situation actuelle à l’ANASER, à la Une des médias, mérite un arrêt sur image. Sinon, il n’est nul besoin d’appeler des commandos pour sauver un fauteuil au lieu de sauver la structure elle-même. Il ne s’agit pas de conserver le drapeau de l’Osrao pour se décréter meilleure gestionnaire pendant queles services fiscaux étaient à un doigt de saisir les comptes de l’entreprise publique.

Le 7 juin 2021, l’étude maître Sylvain Makan Keïta, huissier commissaire de justice, a dressé le procès-verbal de saisine-attribution des comptes bancaires à la demande du chef de Centre des impôts de moyennes entreprises (Cime I) rive gauche du district de Bamako, pour un montant de cinq cent vingt cinq millions sept cent quatre vingt six mille trois cent quarante et un (525 786 341) FCFA. Au regard de ce chiffre astronomique, il est évident que les arriérés ne datent d’une seule année, mais lorsque le problème se pose, il devient entier pour le patron du jour. Etant entendu que gouverner veut dire prévoir. A cet effet, il revenait à la directrice d’anticiper sur cette situation dès son entrée de services après sa nomination au lieu de laisser trainer cette affaire jusqu’à ce que les services des impôts montrent les muscles. A la comptabilité de l’Agence, selon nos sources, nombre sont les cadres qui assistaient, médusés, à la situation. Or, en pareille circonstance, la Directrice devrait approcher le plus tôt possible son homologue des Impôts pour obtenir des compromis de règlement de la note salée. Probablement, c’est faute de telle initiative que le CIME I a failli scellée les portes de l’Agence.

Rappelons que l’ANASER est chargée de la sécurité routière au Mali. A cet effet, elle doit développer des stratégies pour minimiser les risques d’accidents sur nos routes à défaut de les empêcher. C’est pour cette raison, chaque accident est une nouvelle source d’information pour analyser les causes d’accident, afin d’anticiper sur de nouvelles situations. Pour ce faire, l’ANASER devrait disposer d’un bureau chargé des enquêtes et études environnementales, socio-anthropologiques, géographiques et topographiques pour mieux appréhender les causes profondes des accidents, afin d’anticiper. Mais, il nous revient qu’un tel dispositif n’existe pas à l’ANASER. Elle se contente juste des informations statistiques recueillies auprès des services de police, de gendarmerie et des sapeurs-pompiers.

Or, aucune analyse stratégique sérieuse ne peut se limiter aux seules ces informations statistiques. Celles-ci complètent d’autres études réalisées en amont pour une meilleure compréhension du phénomène. Cette dimension de la question relève de la compétence de la Direction générale, qui conçoit et propose des réformes institutionnelles et structurelles. Ce qui n’est pas le cas à l’ANASER. C’est pour cette raison qu’elle recule d’année après année. Selon nos sources, cette année, l’Agence n’a réalisé que seulement 8% de ces activités. Avec de telle performance, n’est-ce pas que le service risque de fermer un jour ? Difficile d’insulter l’avenir, mais l’on dit aussi en Bamanankan : «On reconnait la nuit agréable depuis le crépuscule ».

C’est pourquoi les agents de l’ANASER lancent un cri de détresse à l’endroit de Dembélé Madina Sissoko pour rectifier la trajectoire de leur service qui serait en train de chavirer.

M. A. Diakité

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