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Bamako : le geste troublant d’une femme enceinte sur le Pont des Martyrs relance le débat sur la détresse psychologique

  • 22 mars
  • 2 min de lecture

Le vendredi 20 mars 2026, aux environs de 17 heures, une scène inhabituelle s’est produite sur le Pont des Martyrs, en plein centre de Bamako. Une femme enceinte de deux mois, identifiée comme Tanti Sampana, 31 ans, s’est jetée dans le fleuve Niger avant d’être secourue de justesse.

Selon les informations recueillies, la jeune femme avait quitté son domicile situé à Djicoroni-Coura à bord d’une moto-taxi. Arrivée au milieu du pont, elle aurait demandé au conducteur de ralentir avant de se précipiter brusquement par-dessus le garde-corps. Le conducteur, témoin direct de la scène, a immédiatement alerté les secours.

Avant même leur arrivée, un pêcheur du nom de Bah Issa Niaré, qui naviguait à proximité, a aperçu la victime à la surface de l’eau. Malgré la hauteur de la chute et la force du courant, celle-ci était consciente et tentait de nager. Le pêcheur a réussi à la hisser à bord de sa pirogue, lui sauvant ainsi la vie, avant de la confier aux éléments de la brigade fluviale dépêchés sur les lieux.

La rescapée a été évacuée en urgence vers l’Hôpital Gabriel Touré, puis transférée au Point G pour des examens complémentaires, notamment psychiatriques. D’après les premières conclusions médicales, aucun trouble mental n’a été diagnostiqué. Elle est décrite comme lucide et stable.

Les circonstances ayant conduit à ce geste restent toutefois préoccupantes. Des sources proches indiquent que la jeune femme traversait une période difficile marquée par une rupture avec son fiancé après l’annonce de sa grossesse.

 

Soutenue par sa mère, elle avait reçu une somme d’un million de francs CFA pour lancer une activité génératrice de revenus, mais aurait été victime d’une escroquerie, perdant l’intégralité du montant.

Confrontée à une accumulation de difficultés personnelles et financières, elle aurait exprimé un profond découragement et évoqué des idées suicidaires.

Un élément particulier suscite néanmoins des interrogations : issue de la communauté bozo, traditionnellement liée aux activités fluviales, Tanti Sampana sait nager. Lors de son sauvetage, elle luttait activement contre le courant, ce qui soulève des questions sur la nature réelle de son geste.

S’agit-il d’une tentative de suicide, d’un appel à l’aide ou d’un acte impulsif dicté par la détresse ? À ce stade, aucune hypothèse n’est écartée.

Au-delà du fait divers, cet incident met en lumière les enjeux liés à la santé mentale, à l’accompagnement des personnes vulnérables et à la nécessité d’une vigilance collective face aux signes de détresse psychologique.

 

Source : Bamako bamada

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN


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