top of page

Cameroun : Haman Mana met en garde contre une succession « verrouillée » de Paul Biya

  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture

Dans un éditorial publié le 24 mars 2026 dans les colonnes du quotidien Le Jour, le journaliste Haman Mana alerte sur les risques d’une transition politique contrôlée au sommet de l’État camerounais. À ses yeux, le débat autour de la succession du président Paul Biya dépasse les enjeux de personnes et révèle les limites d’un système politique arrivé à maturité.

 

L’analyste estime que les dynamiques actuellement à l’œuvre traduisent moins une volonté de réforme qu’une stratégie de continuité. Le projet évoqué de création d’un poste de vice-président s’inscrirait, selon lui, dans une logique de préservation du pouvoir, en favorisant l’émergence d’une figure jugée « rassurante » pour les cercles dirigeants, incarnant loyauté et prévisibilité.

Haman Mana rappelle toutefois que les transitions politiques encadrées comportent des risques, notamment dans un contexte national déjà marqué par des précédents de tensions lors des périodes de succession. Il souligne que cette volonté de continuité pourrait être motivée par la crainte d’une ouverture politique et d’éventuelles remises en cause des pratiques passées.

L’éditorial insiste également sur le décalage croissant entre ce mode de gouvernance et les réalités sociologiques du Cameroun actuel. Avec une population majoritairement jeune, connectée et de plus en plus exigeante, le maintien d’un système perçu comme fermé et centralisé pourrait, selon lui, accentuer les frustrations et engendrer des tensions.

Au-delà des individus, Haman Mana pointe un problème structurel : celui d’un État organisé autour de logiques de distribution de privilèges et de contrôle, plutôt que de transformation. Dans ce contexte, il juge peu probable qu’un acteur issu du système puisse en impulser une réforme en profondeur.

Enfin, l’auteur met en avant le potentiel économique et humain du Cameroun, qu’il estime insuffisamment valorisé en raison des contraintes politiques actuelles. Il évoque notamment le rôle croissant de la diaspora, symbole d’un dynamisme qui peine à s’exprimer pleinement à l’intérieur du pays.

À l’approche d’une échéance politique majeure, Haman Mana appelle ainsi à une refondation véritable plutôt qu’à une simple alternance de façade. Selon lui, l’avenir du Cameroun dépendra de sa capacité à engager une transformation profonde de son système politique, faute de quoi la succession en préparation pourrait n’apparaître que comme une continuité déguisée.

 

 

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 

 

 

 

 

 

 

 


Commentaires


sama-money-300 (1).jpg
bottom of page