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CAN 2025 : une finale tendue et une défaite lourde de conséquences pour le Maroc


Attendu comme l’un des grands favoris de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le Maroc abordait la compétition avec l’ambition de s’imposer sur son sol, à la fois pour des raisons sportives et politiques. L’événement constituait en effet une vitrine stratégique pour un pays engagé dans d’importants investissements d’infrastructures et qui accueillera, aux côtés de l’Espagne et du Portugal, la Coupe du monde 2030.

Mais la défaite en finale face au Sénégal (0-1 après prolongation) a finalement transformé l’enthousiasme national en frustration, dans un contexte social marqué par des tensions entre une partie de la jeunesse et le pouvoir.

Une finale sous haute tension sportive

Sur le plan sportif, l’écart entre les deux équipes a été faible. Le Sénégal l’a emporté grâce à un but en prolongation, après une rencontre marquée par plusieurs épisodes controversés. À la toute fin du temps réglementaire, un penalty accordé au Maroc après intervention de la VAR aurait pu changer le scénario, avant d’être manqué par Brahim Diaz.

Le match a également été perturbé par un « walk-off » du camp sénégalais protestant contre une décision arbitrale, geste condamné par la CAF et la FIFA. Malgré ces tensions, le Sénégal a conservé sa concentration et a fait la différence au moment décisif.

Un climat délétère dès l’avant-match

Les frictions n’ont pas débuté sur le terrain. Avant la rencontre, la délégation sénégalaise avait dénoncé des conditions d’accueil jugées inadaptées et potentiellement dangereuses. Dans ce climat de suspicion, chaque détail – transports, billets, rumeurs – s’est chargé d’une dimension stratégique.

L’un des épisodes marquants de la finale concerne une serviette appartenant au gardien sénégalais Édouard Mendy. Des images montrent des tentatives répétées pour s’en emparer, provoquant des scènes inhabituelles et renforçant l’impression de chaos autour du terrain.

Un après-match marqué par les débordements

La conférence de presse d’après-match a également été perturbée. Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw a dû quitter la salle en raison de tensions et d’altercations impliquant des journalistes. Parallèlement, un extrait vidéo montrant l’acteur Omar Sy célébrant la victoire sénégalaise a alimenté une polémique sur les réseaux sociaux, signe d’un climat particulièrement inflammable.

Un événement aux répercussions politiques

Bien au-delà du sport, cette CAN a mis en lumière les enjeux internes marocains. Le mouvement « Gen Z 212 » a notamment dénoncé le contraste entre les investissements dans les infrastructures sportives et la situation des services publics, à travers le slogan : « des stades, mais où sont les hôpitaux ? ».

L’absence du roi Mohammed VI, dont l’état de santé suscite des interrogations, a également été remarquée. Aucun match n’a été suivi en tribune royale, et la cérémonie d’ouverture a été présidée par le prince héritier. Cette absence a privé le pays d’un symbole d’unité dans un moment clé, alors que la finale offrait un potentiel récit fédérateur.

Un revers à l’impact stratégique

Si la performance sportive du Maroc reste honorable, la défaite en finale intervient à un moment sensible. À moins de quatre ans du Mondial 2030, le pouvoir marocain entendait utiliser la CAN pour renforcer son image à l’international et répondre aux critiques internes.

La succession d’incidents autour de la finale, combinée à une défaite au bout du suspense, constitue un revers que les autorités ne souhaitaient pas. Elle amplifie les tensions sociales et limite la portée positive des efforts déployés par le pays pour accueillir la compétition.

Le Sénégal, pour sa part, quitte la CAN avec un deuxième titre continental et une démonstration de solidité mentale dans un contexte particulièrement chargé.

 

Source : Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 


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