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Conférence internationale du Travail à Genève : le Mali défend une vision du travail fondée sur l’inclusion, l’innovation et le dialogue social

  • 6 juin
  • 3 min de lecture

Genève, Suisse – À l’occasion de la 114ᵉ session de la Conférence internationale du Travail (CIT), le Mali a présenté sa vision d’un avenir du travail plus inclusif, innovant et centré sur l’humain. Cette position a été exposée par le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, lors du débat général consacré aux rapports du Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) et de la Présidente du Conseil d’administration de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

La déclaration malienne a été prononcée au Palais des Nations, en présence de la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, ainsi que des représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs du Mali.

L’intelligence artificielle au cœur des enjeux Dans son intervention, le ministre Fassoun Coulibaly a souligné que le rapport du Directeur général du BIT, intitulé « À l’heure des choix : mettre l’intelligence artificielle au service du travail décent », s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la Déclaration du Centenaire de l’OIT en 2019.

Selon lui, l’essor rapide de l’intelligence artificielle et de la numérisation transforme profondément le monde du travail et soulève des défis majeurs liés à la gouvernance, à l’éthique et à l’inclusion sociale. Face à ces mutations, il a plaidé pour le renforcement des institutions publiques et du dialogue social afin de prévenir l’accentuation des inégalités et de la fracture numérique.

Le ministre a estimé qu’une gouvernance adaptée de ces transformations pourrait constituer un levier important pour la création d’emplois décents et durables.

Des réformes pour renforcer l’emploi et les compétences

Présentant les orientations stratégiques du Mali, Fassoun Coulibaly a rappelé que l’adoption de la Vision Mali Kura 2063 et de la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) 2024-2033 traduit la volonté des autorités de renforcer le capital humain, de promouvoir l’emploi décent et d’accélérer la transformation numérique du pays.

Il a également mis en avant plusieurs réformes structurantes engagées par le gouvernement, notamment l’adoption de la Stratégie nationale de l’entrepreneuriat et de son plan d’actions 2026-2030, l’élaboration d’un Programme à impact rapide pour la réduction du chômage et la relance de l’emploi, ainsi que la finalisation d’une nouvelle Politique nationale de l’emploi et d’une Politique nationale de formation professionnelle.

Le ministre a par ailleurs évoqué la mise en œuvre des recommandations issues du Salon international de l’Entrepreneuriat de l’AES et du Symposium national sur l’accroissement des opportunités d’emploi au Mali.

Formation professionnelle et insertion : des avancées concrètes

Sur le volet de la formation professionnelle, le gouvernement malien met en avant plusieurs réalisations, parmi lesquelles la construction, la réhabilitation et l’équipement de neuf centres de formation professionnelle, l’élaboration d’un cadre national de certification et la mise en œuvre de chantiers-écoles à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO).

Une étude nationale sur la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle est également en cours, dans le but de favoriser une meilleure structuration du tissu économique national.

Le dialogue social comme pilier de la stabilité

Le ministre a également souligné les avancées enregistrées dans le cadre du Pacte de stabilité sociale et de croissance, signé le 25 août 2023 sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition.

Parmi les acquis cités figurent le renforcement du secteur privé, l’adoption de la Politique nationale de sécurité et santé au travail pour la période 2025-2029, ainsi que la revalorisation progressive du point d’indice des fonctionnaires, qui doit passer de 400 à 470 FCFA d’ici 2030.

Il a également rappelé l’adoption d’un nouveau Statut général des fonctionnaires intégrant notamment une indemnité de départ à la retraite, un congé de paternité et une simplification de la grille salariale. L’organisation prochaine des élections professionnelles et l’élaboration du Programme pays pour le travail décent (PPTD) 2026-2030 figurent également parmi les chantiers en cours.

Vers un socle national de protection sociale

Abordant la question de la protection sociale, Fassoun Coulibaly a indiqué que plusieurs études stratégiques ont été réalisées en 2025 en vue de la mise en place d’un socle national de protection sociale, conformément à la Recommandation n°202 de l’OIT.

Ce dispositif vise à renforcer la résilience des populations, à réduire la vulnérabilité et l’exclusion sociale et à garantir une protection minimale aux différentes catégories de citoyens.

Paix, cohésion sociale et souveraineté

Le ministre a enfin informé la Conférence de la création de l’Observatoire pour la Paix et la Réconciliation nationale, une initiative destinée à consolider la cohésion nationale, renforcer la paix et préserver les acquis de la souveraineté retrouvée du Mali.

 

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN


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