Crash aérien en Turquie : la disparition du chef d’état-major libyen fragilise l’équilibre sécuritaire
- Amadou Diallo
- 25 déc. 2025
- 2 min de lecture

Moins de quarante minutes après son décollage, un avion transportant huit personnes, dont le chef d’état-major des forces armées libyennes, a perdu tout contact avec les contrôleurs aériens. Peu avant la rupture de communication, l’équipage avait signalé un problème d’ordre électrique. L’appareil s’est finalement écrasé en Turquie, entraînant la mort de tous ses occupants et mettant fin à la carrière de l’un des piliers de l’appareil sécuritaire du Gouvernement d’unité nationale (GNU).
Figure centrale de la hiérarchie militaire libyenne, le général occupait une position stratégique à l’interface des forces armées, des autorités civiles de Tripoli et des partenaires étrangers impliqués dans les efforts de stabilisation du pays. Issu des multiples recompositions de l’armée libyenne depuis 2011, il s’était imposé au fil des années comme un interlocuteur clé sur des dossiers sensibles, notamment l’unification des forces armées, la gestion des milices et la coopération sécuritaire internationale.
Sa disparition suscite de vives inquiétudes quant à l’équilibre déjà précaire du dispositif sécuritaire libyen. Pour l’analyste William Lawrence, spécialiste de la Libye, « cette perte crée un vide immédiat au sommet de la chaîne de commandement, dans un contexte où les équilibres restent fragiles ». Selon lui, l’enjeu dépasse largement la simple nomination d’un successeur et touche à la capacité du pouvoir central à préserver une cohérence militaire mise à rude épreuve par les rivalités politiques et territoriales.
À Tripoli, l’accident relance les incertitudes. Le Gouvernement d’unité nationale est désormais confronté à la nécessité de désigner rapidement un nouveau chef d’état-major capable de maintenir le dialogue entre les différentes composantes armées, tout en rassurant les partenaires internationaux. Si plusieurs noms circulent déjà en coulisses, aucun consensus ne semble pour l’instant se dégager, tant les équilibres internes demeurent délicats.
Au-delà du drame humain, ce crash soulève une question stratégique majeure : la transition libyenne est-elle en mesure d’absorber la perte d’un acteur clé sans raviver de nouvelles tensions ? Les prochains jours, marqués par les réactions officielles et le choix du remplaçant, devraient offrir une première indication sur la capacité des autorités en place à maintenir le cap dans un contexte sécuritaire toujours instable.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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