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Côte d’Ivoire : Treize militants du PDCI inculpés pour complot contre l’État, l’opposition dénonce une manœuvre politique


Abidjan, octobre 2025 – Treize membres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont été arrêtés et inculpés pour « complot contre l’autorité de l’État » et « troubles à l’ordre public », selon leur avocat, Me Sosthène Touré. Le parti de Tidjane Thiam dénonce une opération d’intimidation orchestrée par le pouvoir, dans un contexte politique déjà tendu à l’approche de l’élection présidentielle.

Une marche d’opposition à l’origine des arrestations

Les interpellations seraient liées à la préparation d’une marche de protestation prévue le 4 octobre à Abidjan, organisée conjointement par le PDCI et le PPA-CI de Laurent Gbagbo. L’événement, placé sous le thème « Pour la démocratie, la justice et la paix », avait été interdit par les autorités, invoquant des risques de troubles à l’ordre public.

Malgré cette interdiction, les partis d’opposition avaient envisagé de reporter la marche au 11 octobre, une initiative que le gouvernement a également jugée illégale.

Selon Me Touré, ses clients sont accusés d’avoir poursuivi l’organisation de cette manifestation interdite et d’avoir préparé « des actions subversives ».

« L’un d’entre eux aurait même été arrêté par erreur », a ajouté l’avocat, précisant que les militants ont été déférés devant la cellule spécialisée dans la lutte antiterroriste.

L’opposition dénonce une « dérive autoritaire »

Pour le PDCI, ces arrestations traduisent une volonté manifeste de museler la contestation.

« On veut embastiller nos militants pour faire taire toute voix discordante », déclare Jean-Chrysostome Blessy, député et cadre du parti.

Le gouvernement, de son côté, affirme que la procédure suit son cours normal et qu’aucune considération politique n’a motivé les interpellations.

Des tensions ravivées avant la présidentielle

Ces événements interviennent alors que la tension politique s’intensifie après le rejet des candidatures de Tidjane Thiam et de Laurent Gbagbo à la prochaine élection présidentielle.

Le Conseil constitutionnel justifie ces exclusions par la radiation des deux leaders de la liste électorale : l’un pour des questions de nationalité, l’autre en raison d’une condamnation judiciaire.

Une opposition affaiblie mais toujours mobilisée

Malgré ces revers, le PDCI et le PPA-CI appellent à la mobilisation pacifique pour la défense de la démocratie.

Quatre candidats de l’opposition — Jean-Louis Billon, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou — restent en lice pour affronter le président Alassane Ouattara, dont la nouvelle candidature suscite de vifs débats.

L’opposition accuse le chef de l’État de vouloir briguer un quatrième mandat, en violation de la Constitution, tandis que le camp présidentiel estime que la réforme de 2016 a remis les compteurs à zéro.

Pour l’heure, ni la présidence ni le ministère de la Justice ne se sont officiellement exprimés sur ces arrestations, alimentant les soupçons d’un nouvel épisode de crispation politique entre pouvoir et opposition en Côte d’Ivoire.

 

Haoua Sangaré

 LETJIKAN

 

 

 




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