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Développement pastoral : le PASEM-2 mise sur la résilience et la modernisation du secteur

  • 3 mars
  • 3 min de lecture

« Les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche sont au cœur de la stratégie nationale de sécurité alimentaire. » Devant les membres du Comité technique réunis à Bamako, le ministre Youba Ba a réaffirmé la place stratégique du développement pastoral dans les priorités des autorités de la Transition. Pour le gouvernement, il ne s’agit plus d’un simple appui sectoriel, mais d’un levier central de stabilité économique et sociale.

Ce vendredi 27 février 2026, la salle de conférence du ministère a accueilli la troisième session ordinaire du Comité technique du Programme d’Appui au Secteur de l’Élevage – phase 2 (PASEM-2). La rencontre a rassemblé des représentants des régions de Mopti, Tombouctou et Gao — zones d’intervention du programme — ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Un programme orienté vers la résilience

Dans un contexte marqué par l’insécurité, les effets du changement climatique et la fragilité économique des ménages pastoraux, le PASEM-2 cible les maillons vulnérables de la chaîne de valeur. Son ambition : renforcer la capacité des éleveurs et agro-pasteurs à faire face aux chocs tout en modernisant durablement leurs activités.

Le programme intervient sur plusieurs axes structurants : amélioration de l’alimentation animale, renforcement des services vétérinaires, optimisation des performances du

 cheptel, développement d’infrastructures de transformation et de commercialisation, structuration des organisations professionnelles et promotion d’une gestion durable des ressources naturelles.

Au-delà de l’augmentation de la production, l’objectif est d’améliorer la qualité, la compétitivité et la durabilité du secteur pastoral.

Des avancées concrètes en 2025

L’année 2025 a été marquée par des réalisations significatives. Plusieurs infrastructures ont été construites ou réhabilitées, notamment dans les chaînes de valeur bétail-viande et lait. À Mopti, l’Unité Mobile Laitière a été remise en service avec un équipement modernisé, facilitant la collecte et la transformation du lait local.

Sur le plan social, le programme revendique la création de 772 emplois, dont 200 nouveaux postes récemment générés. Les jeunes y occupent une place notable. Par ailleurs, 191 organisations professionnelles ont bénéficié d’un accompagnement, dont 32 coopératives féminines. Le tissu organisationnel local s’est renforcé avec la structuration de 164 organisations de base et la mise en place de trois faîtières interprofessionnelles.

Près de 4 780 acteurs ont également été formés aux techniques de production et à la gestion organisationnelle, avec une forte participation des femmes et des jeunes.

Un plan d’investissement soutenu en 2026

Pour l’année 2026, le PASEM-2 prévoit un investissement de plus de 2,53 milliards de francs CFA. Parmi les projets annoncés figurent la réhabilitation d’aires d’abattage, la modernisation de boucheries, la création d’un centre de collecte de lait à Niafunké et l’installation d’une chambre froide à Mopti afin d’améliorer la conservation des produits carnés.

Le programme prévoit également le balisage des pistes pastorales et l’actualisation des systèmes d’alerte précoce, dans le but de sécuriser les parcours de transhumance, fluidifier les échanges commerciaux et limiter les pertes post-production.

Une approche inclusive et ambitieuse

D’ici 2027, le PASEM-2 ambitionne d’atteindre 85 000 éleveurs et agro-éleveurs, dont 30 % de femmes et de jeunes, illustrant une volonté d’inclusion clairement affichée.

Lancé en août 2023, le programme s’étendra jusqu’en avril 2027 pour un budget global de 4,3 milliards de francs CFA. Il succède à une première phase conduite entre 2017 et 2021, dont il entend consolider les acquis.

Dans un pays où l’élevage constitue un pilier économique et social majeur, la réussite du PASEM-2 est perçue comme un enjeu stratégique. Au-delà des indicateurs chiffrés, son impact pourrait contribuer durablement à la stabilisation des zones pastorales et au renforcement de la sécurité alimentaire nationale.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN



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