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France–Algérie : le Medef en éclaireur pour relancer une relation économique sous tension

  • 28 avr.
  • 3 min de lecture

Alger, avril 2026 – Le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, a effectué du 23 au 26 avril une visite stratégique en Algérie à l’invitation du Conseil du renouveau économique algérien (Crea). Première rencontre de haut niveau entre les deux principales organisations patronales depuis plus de deux ans, ce déplacement intervient dans un contexte de timide réchauffement diplomatique entre Paris et Alger.

Une diplomatie économique en première ligne

À Alger, Patrick Martin a rencontré le président du Crea, Kamel Moula, plusieurs chefs d’entreprise algériens et français, ainsi que le ministre algérien de l’Industrie, Yahia Bachir. Selon plusieurs sources concordantes, les échanges ont permis d’acter le principe de « fabriquer en Algérie pour exporter vers l’Afrique », en misant sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Cette approche vise à positionner l’Algérie comme plateforme industrielle et logistique régionale, tout en offrant aux entreprises françaises un accès élargi aux marchés africains.

Un déplacement à forte portée symbolique

Contrairement aux grandes missions économiques habituelles, la délégation française était volontairement réduite. Patrick Martin n’était accompagné que de Yannick Morillon, coprésident du conseil d’affaires algéro-français. Fait notable : c’est le président du Medef lui-même, et non celui de Medef International, qui a conduit la visite.

Un signal fort, interprété comme la volonté d’ouvrir un canal direct entre les milieux économiques des deux pays, au-delà des blocages diplomatiques actuels.

Sur le réseau X, Patrick Martin a résumé sa démarche :

« Je crois profondément à la diplomatie économique. Durant mon séjour, j’irai à la rencontre des entreprises françaises et algériennes, ainsi que des acteurs binationaux qui font le lien au quotidien. Ils incarnent le cœur vivant d’un avenir économique partagé entre nos deux pays. »

Paris tente une reprise graduelle des liens

Cette visite s’inscrit dans une séquence plus large de reprise des contacts franco-algériens. En janvier, Ségolène Royal s’était rendue à Alger. En février, Laurent Nuñez y a effectué un déplacement officieux. Une visite prochaine d’Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, est également annoncée.

Autant d’initiatives qui traduisent la volonté de Paris de relancer les échanges sur plusieurs fronts — économique, culturel et institutionnel — sans attendre un sommet politique officiel.

Les attentes algériennes restent politiques

Si le geste du Medef est globalement bien accueilli dans les milieux d’affaires, Alger rappelle que la normalisation ne saurait se limiter au commerce. Les autorités algériennes attendent avant tout des signaux politiques clairs : respect de la souveraineté nationale, clarification sur la question du Sahara occidental et apaisement du discours public en France.

Autant de sujets qui dépassent largement le champ patronal.

Une visite sous le signe de la discrétion

Illustration de cette prudence, ni le Crea ni les autorités algériennes n’ont communiqué officiellement sur la visite. Une rencontre avec la presse initialement prévue a même été annulée.

Dans ce contexte, le Medef apparaît comme un facilitateur utile, mais aux marges d’un dossier hautement politique. Patrick Martin l’a reconnu dans un entretien accordé à Casbah Tribune :

« C’est un peu plus compliqué en ce moment avec certains pays, c’est une raison supplémentaire pour que la relation historique avec l’Algérie soit encore développée. »

Un premier pas, mais tout reste à construire

Cette mission économique marque un début pragmatique de rapprochement. Pour les entreprises françaises, ignorer l’Algérie — marché stratégique aux portes de l’Afrique — serait une erreur coûteuse. Mais tant que les différends politiques ne seront pas traités au plus haut niveau, la relance des relations franco-algériennes restera incomplète.

 

Source : Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 

 

 



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