Guinée : le Général Mamadi Doumbouya dépose sa candidature à la présidentielle, un revirement historique
- Amadou Diallo
- 4 nov. 2025
- 2 min de lecture

Le Président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, a officiellement déposé ce lundi son dossier de candidature à la Cour suprême de Guinée, marquant un tournant majeur dans le processus électoral du pays. Ce geste symbolise un revirement spectaculaire pour celui qui, après avoir pris le pouvoir par un coup d’État en 2021, s’était publiquement engagé à ne pas participer à une élection et à rétablir un ordre civil.
Alors que la liste officielle des candidats n’a pas encore été publiée, cette annonce suscite une vive attente et relance le débat sur la crédibilité de la transition.
De l’homme de transition au candidat à la présidence
Lors du renversement de l’ancien président Alpha Condé en septembre 2021, Mamadi Doumbouya avait présenté sa prise de pouvoir comme une parenthèse transitoire destinée à « refonder l’État ». Cependant, la promulgation de la nouvelle Constitution, le 26 septembre dernier, avait déjà éveillé les soupçons d’une éventuelle candidature.
Le texte fondamental, adopté par référendum, a notamment porté la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans et supprimé tout obstacle juridique à une participation du chef de la transition. En attendant le dernier jour de dépôt des candidatures, fixé au 3 novembre, de nombreux observateurs anticipaient déjà ce retournement de situation, perçu comme une volonté de continuité au pouvoir.
Des règles électorales strictes et une caution record
La présidentielle du 28 décembre prochain se déroulera sous un cadre juridique inédit. Les candidats devaient obtenir des parrainages exigeants et s’acquitter d’une caution de 900 millions de francs guinéens, un montant record dans l’histoire politique du pays.
Ces conditions drastiques ont réduit le nombre d’aspirants, malgré plus d’une soixantaine de déclarations d’intention initiales. Seule une poignée de dossiers, dont celui du Général Doumbouya, sera examinée par la Cour suprême avant la date limite du 13 novembre pour validation.
Une opposition marginalisée
Le scrutin se tiendra dans un climat marqué par l’absence des principales figures de l’opposition. Les partis historiques — UFDG de Cellou Dalein Diallo, RPG d’Alpha Condé et UFR de Sidya Touré — ne présentent aucun candidat.
Les restrictions de la nouvelle Constitution, notamment la limite d’âge fixée à 80 ans et l’obligation de résidence sur le territoire national, ont écarté plusieurs leaders, souvent en exil ou en détention. Cette situation alimente les critiques sur le caractère inclusif du processus électoral.
Une élection à enjeu politique fort
Avant le dépôt du dossier de Doumbouya, huit candidatures avaient déjà été enregistrées, parmi lesquelles celles de l’économiste Ousmane Kaba, de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, et d’anciens cadres de l’administration Condé, tels qu’Amadou Thierno Diallo et Makalé Camara.
La participation du Président de la Transition à cette élection confirme que le scrutin de décembre sera avant tout un test politique décisif : celui de la transformation du pouvoir militaire en pouvoir civil, et de la crédibilité de la refondation institutionnelle engagée depuis 2021.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires