top of page

Les États-Unis instaurent des frais records pour certains visas de travail H-1B



Jusqu’à 100 000 dollars. C’est le montant désormais exigé pour l’obtention de certains visas de travail parmi les plus recherchés aux États-Unis. Une juge fédérale a validé une mesure défendue par l’administration Trump, autorisant l’application de frais exceptionnels sur les visas H-1B, largement utilisés dans les secteurs de la technologie, de la recherche et de l’ingénierie.

Annoncée en septembre par Donald Trump, cette décision s’inscrit dans une politique migratoire restrictive poursuivie depuis son premier mandat. L’objectif affiché est de limiter le recours aux travailleurs étrangers hautement qualifiés afin de favoriser l’emploi national. Les visas H-1B permettent pourtant à des profils spécialisés — ingénieurs, informaticiens ou scientifiques — de travailler légalement aux États-Unis lorsqu’ils disposent de compétences rares sur le marché américain.

La mesure a provoqué une levée de boucliers immédiate. De nombreuses entreprises technologiques, dépendantes de ces talents internationaux, mais aussi des universités et plusieurs pays partenaires, dont l’Inde, ont dénoncé une atteinte à la compétitivité et à l’innovation américaines. La Chambre de commerce des États-Unis et l’Association des universités américaines (AAU) ont ainsi engagé une action en justice, estimant que le président excédait ses pouvoirs.

Dans une décision consultée par l’AFP, la juge fédérale Beryl Howell a toutefois rejeté ces arguments. Elle a estimé que le Congrès avait accordé au président une large marge de manœuvre pour agir dans des domaines relevant de la sécurité économique et nationale. La proclamation présidentielle et sa mise en œuvre ont donc été jugées conformes au cadre légal en vigueur.

Créé pour répondre aux besoins spécifiques du marché du travail américain, le visa H-1B est délivré pour une durée initiale de trois ans, renouvelable jusqu’à six ans. Chaque année, 85 000 visas sont attribués par un système de loterie, dont près de 75 % reviennent à des ressortissants indiens, selon les données officielles.

Au-delà du secteur technologique, la hausse des coûts suscite également l’inquiétude dans les domaines de la santé et de l’éducation. Une autre action judiciaire, engagée en octobre par une coalition d’hôpitaux, d’établissements scolaires et de syndicats, dénonce les difficultés croissantes à recruter des médecins et des enseignants étrangers à un tel niveau de frais.

Si la décision judiciaire conforte la Maison-Blanche, le débat reste ouvert sur les conséquences à long terme de cette politique : risque d’un recul de l’attractivité des États-Unis pour les talents internationaux ou volonté assumée de privilégier durablement l’emploi national, au prix de potentielles pénuries dans des secteurs stratégiques.

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 


Commentaires


sama-money-300 (1).jpg
bottom of page