Madagascar : la jeunesse fait vaciller le pouvoir et ouvre une nouvelle ère politique
- Amadou Diallo
- 15 oct. 2025
- 2 min de lecture

Antananarivo, octobre 2025 — « Nous ne voulons pas de violence, nous voulons juste vivre dignement », scandait un jeune manifestant à Antananarivo quelques jours avant la chute du régime d’Andry Rajoelina. Dans la capitale malgache, l’atmosphère mêle désormais euphorie et prudence, alors que la Haute Cour constitutionnelle a confié la présidence de la transition au colonel Mickael.
Un tournant historique qui marque la fin d’un cycle politique contesté et le début d’un nouvel espoir pour une population longtemps frustrée.
Une révolte née du quotidien
Le mouvement a pris forme sur les réseaux sociaux, à l’appel d’une jeunesse excédée par la pauvreté, les pénuries d’eau et d’électricité, et l’augmentation du coût de la vie. Ce qui devait être une manifestation pacifique a rapidement dégénéré :
plusieurs morts, de nombreux blessés et des dizaines d’arrestations ont galvanisé la colère populaire.
Face à cette répression, les étudiants, les associations citoyennes et une partie de l’opposition parlementaire ont rejoint la contestation. Malgré le limogeage du ministre de l’Énergie et la dissolution du gouvernement, la rue a continué de gronder avec un mot d’ordre clair : « Rajoelina, dégage ! »
L’armée bascule, le régime s’effondre
Le basculement est survenu lorsque plusieurs officiers ont refusé d’ouvrir le feu sur les manifestants. En appelant à la fraternité et à la retenue, ils ont précipité la chute du président. En quelques heures, le rapport de force s’est inversé. Rajoelina a quitté Madagascar, d’abord pour La Réunion, puis pour Dubaï, sous protection française.
Ce départ soudain laisse derrière lui un régime affaibli, miné par les scandales et la défiance populaire. Pour la première fois depuis des années, le peuple malgache goûte à une liberté retrouvée — teintée d’incertitude sur la suite du processus politique.
Une transition à haut risque
L’arrivée au pouvoir du colonel Mickael ouvre une période de transition saluée par la rue, mais non exempte de risques. Si de nombreux citoyens voient en lui un symbole d’ordre et de renouveau, certains observateurs appellent à la prudence, rappelant que les transitions militaires en Afrique ont souvent débouché sur de nouvelles impasses.
Le nouveau chef de l’État est désormais attendu sur plusieurs fronts : la refondation institutionnelle, la restauration de la confiance et la préparation d’élections
libres et crédibles.
Un message pour l’Afrique
L’insurrection malgache offre des enseignements précieux, bien au-delà de ses frontières. Elle démontre que le changement authentique émane du peuple, et que la jeunesse, lorsqu’elle s’unit avec lucidité et courage, peut être le moteur d’une transformation profonde.
Mais cette victoire populaire rappelle aussi qu’aucune révolution n’est durable sans vision politique claire ni projet collectif.
Entre espoir et vigilance
Madagascar entre dans une phase décisive de son histoire. La chute du régime Rajoelina illustre la puissance de la mobilisation citoyenne face à l’injustice et à la précarité. Pour les Comores et d’autres pays africains, cette transition sonne comme un avertissement : aucun pouvoir n’est éternel lorsque la jeunesse choisit de défendre sa dignité.
Le véritable changement ne s’impose pas de l’extérieur — il naît dans la conscience d’un peuple décidé à écrire lui-même son avenir.
Source : Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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