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Madagascar : la nomination d’un général à la Primature, un virage sécuritaire face à la colère sociale



À Madagascar, la nomination du général de division Ruphin Fortunat Zafisambo au poste de Premier ministre suscite de vives réactions. Face à une jeunesse mobilisée, excédée par les coupures d’eau, d’électricité et par la précarité de son avenir, le président Andry Rajoelina a fait le choix d’un militaire plutôt que d’un technocrate ou d’un économiste. Un signal fort, mais perçu par beaucoup comme un tournant autoritaire dans la gestion d’une crise politique et sociale grandissante.

Depuis plusieurs semaines, la jeunesse malgache, rassemblée autour du mouvement Gen-Z, réclame des réformes concrètes : accès à l’eau potable, amélioration du réseau électrique, lutte contre la corruption et respect des libertés publiques. En réponse, les autorités ont opté pour une approche sécuritaire, marquée par des arrestations et des violences lors des manifestations. L’ONU évoque une vingtaine de morts, tandis que le gouvernement parle d’« incidents isolés ». Pour beaucoup, la nomination du général Zafisambo illustre la volonté du pouvoir de « maintenir l’ordre » plutôt que de répondre aux revendications sociales.

Le nouveau chef du gouvernement a six mois pour « rétablir la stabilité » et relancer les services publics. Un objectif jugé irréaliste par de nombreux observateurs, compte tenu de l’ampleur des défis structurels. Si le président Rajoelina mise sur l’autorité militaire pour contenir la contestation, plusieurs voix s’élèvent pour appeler au dialogue national et à une réponse politique apaisée. Car, selon les analystes, opposer la force à une jeunesse pacifique et connectée risque d’alimenter la défiance et de plonger le pays dans une nouvelle spirale de tensions.

 

Source: Afrik.Com

 

Haoua Sangaré

LETJIKAN

 


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