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Madagascar : le colonel Michael Randrianirina prend la tête de la Transition après la destitution d’Andry Rajoelina

  • 16 oct. 2025
  • 3 min de lecture

Antananarivo, 15 octobre 2025 — Madagascar ouvre un nouveau chapitre de son histoire politique avec la prestation de serment du colonel Michael Randrianirina, chef du Corps des personnels et des services administratifs et techniques (Capsat), en tant que président de la Transition. Soutenu par la Haute Cour constitutionnelle (HCC) mais contesté par le camp de l’ancien président Andry Rajoelina, le militaire promet une refondation de l’État dans un pays fragilisé par une profonde crise institutionnelle.

Un militaire propulsé au sommet de l’État

Figure jusque-là discrète au sein de l’armée, le colonel Randrianirina a vu son ascension s’accélérer en quelques jours. Commandant du Capsat, il avait récemment rejoint les rangs du mouvement Genz, fer de lance des manifestations réclamant le départ du président Rajoelina. Confronté à la pression populaire et militaire, ce dernier a quitté le pays dans la précipitation, laissant un vide institutionnel que l’armée dit vouloir combler.

Quelques heures après sa reconnaissance officielle par la HCC, le nouveau chef de la Transition a annoncé depuis le palais d’Ambohitsirohotra la dissolution de plusieurs institutions, dont la Haute Cour elle-même, le Sénat, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Haute Cour de justice. Seule l’Assemblée nationale, à l’origine de la motion d’empêchement contre Rajoelina, a été maintenue.

“Nous avons pris nos responsabilités”

Dans sa première adresse à la nation, le colonel Randrianirina a justifié son intervention par ce qu’il qualifie de “vacance totale du pouvoir” :

« Il n’y a plus de président, plus de gouvernement, plus de Sénat. Madagascar est un pays qui se meurt. Nous devons prendre nos responsabilités en tant que citoyens et patriotes. »

Appuyé par une partie de l’armée et certains mouvements civils, il assure ne pas vouloir s’éterniser au pouvoir, se présentant comme un dirigeant de transition chargé de “remettre le pays sur pied”. Toutefois, sa légitimité demeure contestée. Si la Haute Cour constitutionnelle l’a reconnu comme chef d’État intérimaire, plusieurs juristes dénoncent une interprétation controversée de la Constitution.

Une transition aux contours incertains

Selon l’article 53 de la Constitution malgache, une élection présidentielle doit se tenir dans un délai de 30 à 60 jours après la constatation de la vacance du pouvoir. Cependant, un document présenté comme une “charte de la Transition”, largement diffusé sur les réseaux sociaux, évoque un régime transitoire de deux ans renouvelable, assorti d’un référendum constitutionnel et d’élections générales à son terme.

Cette divergence alimente les craintes d’une dérive autoritaire. Certains observateurs y voient une tentative de pérennisation du pouvoir militaire, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’une opportunité de refondation nationale, après des années d’instabilité politique et économique.

Rajoelina dénonce un “coup d’État”

Depuis un lieu tenu secret, Andry Rajoelina a dénoncé une “tentative de coup d’État conduite par une faction rebelle du Capsat”. Il affirme rester le président légitime de Madagascar et appelle la communauté internationale à “ne pas reconnaître un régime issu de la force”.

Cette réaction laisse présager une bataille diplomatique et politique entre le nouveau pouvoir militaire et les partisans de l’ancien chef de l’État, toujours influent dans plusieurs régions du pays.

Entre espoirs et incertitudes

Alors que la population, épuisée par les crises successives, aspire à la stabilité, le colonel Randrianirina hérite d’un pays divisé et d’institutions fragilisées. La réussite de cette transition dépendra de sa capacité à rétablir la confiance, à préserver les libertés publiques et à organiser un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Pour l’heure, Madagascar reste suspendue entre l’espoir d’un renouveau politique et la crainte d’une nouvelle ère d’instabilité militaire.

Source: Afrik.Com

 

Haoua Sangaré

 LETJIKAN

 


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