Madagascar : une unité de l’armée rejoint la contestation, la crise atteint un tournant décisif
- 12 oct. 2025
- 2 min de lecture

Antananarivo, 11 octobre 2025 — La tension est montée d’un cran à Madagascar ce samedi, alors qu’une unité de l’armée a rejoint les manifestants opposés au président Andry Rajoelina. Ce ralliement inédit marque une étape critique dans la crise politique qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.
Une mutinerie au cœur de la capitale
Dans la matinée, des soldats du CAPSAT (Corps d’administration des personnels et des services de l’armée de terre), basés à Soanierana, ont publié un message appelant leurs pairs à désobéir aux ordres de répression et à « protéger le peuple ».
Quelques heures plus tard, des véhicules militaires ont fait leur entrée à Antananarivo, acclamés par une foule massée autour du lac Anosy et de la place du 13-Mai, haut lieu des mobilisations politiques malgaches.
« Unissons nos forces, militaires, gendarmes et policiers, et refusons d’être payés pour tirer sur nos frères et sœurs », ont déclaré les mutins dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.
Selon plusieurs témoins, des échanges de tirs sporadiques ont éclaté dans certains quartiers, sans qu’un bilan précis ne soit communiqué pour l’instant.
Une colère populaire persistante
Le mouvement de contestation, initié fin septembre par le collectif Gen Z Madagascar, s’est d’abord cristallisé autour des coupures d’eau et d’électricité avant de prendre une tournure politique majeure. Les manifestants dénoncent désormais la corruption, la répression et l’incapacité du gouvernement à répondre aux besoins élémentaires de la population.
Le dernier bilan publié par les Nations unies fait état d’au moins 22 morts et de plus d’une centaine de blessés depuis le début des manifestations, des chiffres contestés par le
pouvoir. Les slogans appelant à la démission du président et du président du Sénat se multiplient dans les rues d’Antananarivo, où la mobilisation ne faiblit pas.
Un pouvoir de plus en plus isolé
Face à l’ampleur de la crise, le président Andry Rajoelina avait tenté un remaniement gouvernemental le 6 octobre, confiant le poste de Premier ministre au général Ruphin Fortunat Dimbisoa Zafisambo. Mais cette initiative n’a pas suffi à calmer la rue.
Dans un communiqué publié dans l’après-midi, le ministère des Forces armées a dénoncé une tentative de coup d’État, appelant les militaires à la discipline et à la loyauté envers la République.
Des rumeurs non confirmées ont circulé sur une possible fuite du chef de l’État hors de la capitale, alors que les forces restées fidèles au pouvoir auraient reçu pour consigne de sécuriser les institutions et les bâtiments officiels.
Une jeunesse en première ligne
Le collectif Gen Z Madagascar, composé majoritairement de jeunes activistes, se veut apolitique mais déterminé. « Nous sommes fatigués des promesses », déclare un étudiant rencontré sur la place du 13-Mai. « Nos parents ont connu la pauvreté, nous héritons du désespoir. »
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exhorté vendredi les autorités malgaches à « cesser le recours à une force inutile et disproportionnée », redoutant une escalade dramatique si le dialogue politique n’est pas rapidement engagé.
Source: Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN




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