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Mali : des attaques coordonnées frappent les sites industriels de Kayes, l’économie sous pression


Kayes, 12 janvier 2026 – En quelques heures, des années d’efforts ont été réduites en cendres. Le constat, amer, est celui des responsables locaux découvrant les ruines encore fumantes de plusieurs sites industriels dans la région de Kayes, au lendemain d’attaques armées coordonnées survenues à l’aube du dimanche 11 janvier.

Tôt dans la matinée, des groupes lourdement armés ont pris pour cible des unités de production spécialisées dans le ciment, la chaux et les matériaux de construction. Arrivés en grand nombre à moto, les assaillants ont méthodiquement incendié des installations, détruit des stocks et semé la panique parmi les travailleurs présents. Le bilan humain reste partiel, mais au moins quatre personnes auraient été enlevées lors de l’un des assauts.

Une violence planifiée et ciblée

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les attaques n’avaient rien de spontané. Les hommes armés se seraient organisés en plusieurs groupes, opérant simultanément sur différents sites, avec une connaissance précise du terrain et des activités visées. Pour les habitants, l’objectif ne se limite pas à frapper : il s’agit aussi d’empêcher toute reprise rapide de l’activité industrielle.

Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des bâtiments éventrés, des engins calcinés et des tonnes de ciment réduites en cendres, offrant une scène de désolation dans une région considérée comme stratégique pour l’économie nationale.

Quand l’économie devient une cible

Ces attaques sont attribuées au Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, déjà actif dans plusieurs régions du pays. Mais à Kayes, le message semble viser non seulement l’État, mais aussi les capacités de production et de développement du pays.

Depuis plusieurs mois, les actions contre les axes routiers, les zones minières et les installations économiques se multiplient : blocus, sabotages, enlèvements ciblés… autant de méthodes qui fragilisent les circuits d’approvisionnement et accentuent la pression sur les populations urbaines, jusqu’à Bamako.

La région de Kayes, carrefour commercial entre le Mali et les ports de la façade atlantique, apparaît désormais comme un maillon exposé de cette nouvelle forme de guerre où l’économie devient une cible à part entière.

Impact économique et incertitudes pour l’avenir

Pour les opérateurs économiques, l’impact est immédiat : emplois menacés, chaînes de production interrompues et confiance des investisseurs ébranlée. Les attaques de juillet 2025, marquées par l’enlèvement de travailleurs étrangers, avaient déjà laissé des traces. Les événements du 11 janvier ravivent les craintes d’un enlisement durable.

À ce stade, aucune réaction officielle n’avait encore été rendue publique par les autorités ou les Forces armées maliennes dans les heures suivant les attaques, selon les informations disponibles.

Une équation sécuritaire élargie

Au-delà des dégâts matériels, ces événements posent une question centrale : comment protéger les infrastructures économiques dans un contexte d’insécurité persistante ? La lutte contre le terrorisme ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire, mais aussi sur celui de la résilience économique et de la sécurisation des investissements.

À Kayes, l’urgence est double : reconstruire les installations détruites et empêcher que l’économie locale ne devienne l’otage durable de la violence armée.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN


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