Mali : le ministre de la Justice honoré pour la valorisation du cousinage à plaisanterie
- Amadou Diallo
- 14 janv.
- 2 min de lecture

« Nos traditions ne sont pas des souvenirs figés, ce sont des outils vivants de cohésion ». Cette phrase a résumé l’esprit de la cérémonie organisée le lundi 12 janvier 2026 au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, où le Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a été distingué pour un geste symbolique en faveur du cousinage à plaisanterie, une tradition fortement ancrée dans la société malienne.
Un geste institutionnel salué
À l’origine de cette reconnaissance, une initiative jugée inhabituelle dans le cadre protocolaire de l’administration. Lors de la présentation des vœux du personnel, quelques semaines auparavant, le ministre Kassogué avait remis une distinction artistique collective aux membres de la famille Coulibaly exerçant au sein de l’appareil judiciaire, saluant leur rôle dans la convivialité institutionnelle.
Touchée par cet acte, la grande famille Coulibaly a décidé de lui témoigner publiquement sa gratitude.
Une cérémonie portée par la communauté judiciaire
La cérémonie s’est tenue dans la salle de conférence du ministère, en présence de plusieurs personnalités du monde judiciaire. Au nom de la famille Coulibaly, Mody Kantara Coulibaly, président de l’Ordre des experts judiciaires du Mali, a remis une attestation de reconnaissance au Garde des Sceaux.
Les intervenants ont souligné que ce geste dépasse la simple courtoisie et s’inscrit dans une volonté de réhabiliter certaines valeurs culturelles comme outils de régulation sociale, y compris au sein de l’administration publique.
Une tradition au service du vivre-ensemble
Dans son intervention, Dr Issoufou Z. Coulibaly, membre du Conseil National de Transition, a rappelé que le cousinage à plaisanterie n’est pas une pratique folklorique. Il a insisté sur son rôle historique dans la prévention des conflits, la promotion de la tolérance et le maintien de la paix entre communautés.
Un propos qui résonne dans un contexte national où les mécanismes endogènes de cohésion sont de plus en plus sollicités.
“Valoriser les mécanismes endogènes de paix”
En réponse, le ministre Kassogué a salué cette reconnaissance qu’il a qualifiée d’encourageante. Il a plaidé pour une complémentarité entre droit positif et pratiques traditionnelles, estimant que le cousinage à plaisanterie peut contribuer à la désescalade et au climat social, y compris dans les milieux professionnels.
Entre tradition et gouvernance
La cérémonie s’est clôturée par un moment convivial autour du Chô, plat traditionnel à base de haricots, symbole de partage et d’unité.
Au-delà de l’hommage rendu à un homme, l’événement ouvre un débat plus large sur l’intégration durable des valeurs culturelles dans les politiques publiques et la gouvernance moderne. Un débat qui pourrait se poursuivre bien au-delà des murs du ministère.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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