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Mexique : la mort d’un chef du CJNG ravive les tensions dans un pays meurtri par la violence

  • il y a 3 heures
  • 2 min de lecture

Plus de 450 000 morts en moins de vingt ans. Ce bilan officiel illustre l’ampleur de la crise sécuritaire que traverse le Mexique depuis le lancement, en 2006, de la lutte armée contre les cartels de la drogue. La mort récente de l’un des chefs les plus redoutés du Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), tué lors d’une opération de l’armée, ravive les tensions dans plusieurs régions du pays.

Selon des informations rapportées par l’AFP, l’élimination de ce dirigeant a été suivie de troubles et d’actes de violence dans différentes zones, démontrant la capacité de réaction et de nuisance persistante des organisations criminelles, même privées de leur leader.

Un cartel devenu acteur criminel transnational

Fondé en 2009, le CJNG s’est rapidement hissé parmi les organisations criminelles les plus puissantes et les plus violentes du Mexique. En 2025, les États-Unis l’ont inscrit sur leur liste des organisations terroristes, l’accusant d’être au centre d’un vaste réseau international de trafic de drogues, notamment de cocaïne et de fentanyl.

Au fil des années, le cartel a diversifié ses activités. Selon le département d’État américain, ses opérations s’étendent également à l’extorsion, au trafic de migrants, au pillage de ressources naturelles, au détournement de carburant et au commerce illégal d’armes.

Une stratégie d’affrontement direct

À la différence d’autres groupes criminels privilégiant la discrétion, le CJNG s’est illustré par une stratégie assumée de confrontation avec les forces de l’État. Interrogé par l’AFP, l’écrivain et spécialiste du narcotrafic José Reveles décrit son chef comme un dirigeant au tempérament brutal, peu enclin à la retenue.

Cette logique avait atteint un point culminant en juin 2020, lors d’une attaque spectaculaire contre Omar García Harfuch, alors chef de la police de Mexico. L’attentat, qui avait fait trois morts, avait marqué un tournant dans la perception de la menace que représente le CJNG pour les autorités mexicaines.

Une expansion au-delà des frontières américaines

Initialement concentré sur les routes du trafic vers les États-Unis, le cartel a progressivement élargi son champ d’action vers d’autres régions du monde. Europe, Asie, Afrique et Australie figurent parmi les marchés identifiés comme stratégiques, jugés à la fois lucratifs et moins saturés, selon les analyses de José Reveles.

Cette internationalisation s’est opérée dans une relative discrétion. Le chef du CJNG cultivait l’ombre, limitant ses apparitions publiques et protégeant soigneusement son identité, tandis que l’organisation imposait son influence par la violence.

Une victoire symbolique aux effets incertains

Si l’élimination de ce dirigeant constitue un succès symbolique pour les autorités mexicaines, elle ne garantit pas un affaiblissement durable du cartel. L’expérience passée montre que ces organisations survivent souvent à leurs chefs, parfois au prix de luttes internes et d’une recrudescence des violences liées aux rivalités de succession.

Depuis près de deux décennies, le Mexique paie un lourd tribut à la guerre contre le narcotrafic, avec plus de 100 000 disparus recensés en plus des centaines de milliers de morts officiellement enregistrés. La disparition d’un leader suffira-t-elle à infléchir cette dynamique ? La question demeure ouverte dans un pays où les réseaux criminels restent profondément enracinés.

 

La rédaction

 

LETJIKAN

 



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