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Microtrotoire / Faut-il Oui ou Non quitter la Cedeao ? Des Maliens se prononcent

  • 9 avr. 2022
  • 3 min de lecture

Certaines voix s’élèvent au Mali pour demander aux autorités de la transition le retrait du pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Nous avons approché quelques citoyens au cours d’un micro-trottoir pour connaître leurs avis sur le sujet. Lisez !

Modibo Macalou, comptable, Secrétaire général de l'Ajco-Mali :


Tout d'abord, je salue cette initiative de Le Tjikan. Je pense qu'il faut vraiment bien expliquer aux citoyens que ce n'est pas la Cedeao qui régule notre monnaie CFA, mais l'Uemoa. Donc, si nous voulons créer notre monnaie, pas besoin de quitter la Cedeao (la meilleure sous institution de l'UA en intégration). C'est de bonne guerre de voir beaucoup de citoyens frustrés par le comportement peut orthodoxe des Chefs d'État de la Cedeao vis-à-vis du Mali (les sanctions illégales), cette mobilisation des Maliens réclamant la sortie de la Cedeao peut peser lourd dans la balance des négociations. Cette sortie de la Cedeao, si je ne m'abuse, est impossible à faire sur le plan juridique par un pouvoir non élu. Mais, s'il n'y a pas d'alternative, il suffit de boycotter et de suspendre sa participation à l'institution, afin de les pousser à te faire sortir.

Personnellement, je pense que le Mali actuel a encore besoin des avantages de la Cedeao, et vice-versa. Il faut néanmoins préparer le terrain pour sortir de l'Uemoa, afin de procéder à la création de la monnaie malienne, gage de souveraineté, en attendant la vraie eco (sans liens avec l'euro) de la Cedeao. Les avantages de la Cedeao sont entre autres : la libre circulation des personnes et des biens, le marché commercial (plus de 400 millions de clients) assimilables à la zone de libre-échange dans l'espace et bien d'autres avantages institutionnels.

Ibrahima Dougnon, professeur Mathématiques- Physique - Chimie



L’esprit de la Cedeao est en porte à faux avec les pratiques de la Cedeao. La Cedeao a été créée et initiée pour faciliter l’intégration, la libre circulation des personnes et des biens dans la sous-région.

Il suffit qu’un coup d’Etat ait lieu dans un pays pour que la Cedeao lève le ton et crie par-ci par-là, en intimant aux militaires de quitter le pouvoir et de donner le pouvoir aux civils. Et par finir, on a su maintenant que la Cedeao n’est plus pour le peuple, c’est pour les présidents.

Les forces en attente de la Cedeao, ça existe. Mais, le Mali, à ma connaissance, est le premier pays de l’Afrique de l’Ouest à être confronté au problème de terroriste. Est-ce qu’ils sont intervenus avec les forces en attente ? Jamais.

Aujourd’hui que nos militaires sont en train de montrer la preuve, ils sont victorieux sur les terroristes et ils veulent qu’ils quittent. Donc, ce genre d’institution n’a pas son importance dans la vie de notre beau pays, le Mali.

Oumar Tounkara, commerçant détaillant



Je suis confiant malgré le contexte. J’appelle les uns et les autres au calme et à la retenue. Je n'ai aucune crainte face aux sanctions de la Cedeao. Je ne vois pas pourquoi on devrait s'en inquiéter si nos marchandises peuvent passer par l'Algérie ou par la Mauritanie. Donc, il y a plus de peur que de mal. Je crois que c'est le moment ou jamais pour le Mali de quitter définitivement la Cedeao. Pour moi, c’est l’heure du patriotisme. Nous devons être fiers d'abord d'être Maliens. C’est dommage et regrettable que des organisations sous-régionales ouest-africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extrarégionales aux desseins inavoués.

Keïta Saran Diarra, enseignante

Je crois que les autorités maliennes de la transition et la Cedeao doivent trouver un terrain d'entente, c'est mieux. Sinon j'ai vraiment peur. C'est une perte pour l'Etat d'abord. Car si l'Etat part en faillite, c’est lui qui doit subventionner beaucoup de choses, les différents produits et ils deviennent de plus en plus chers. Véritablement, c'est cela mon inquiétude.

Cheick Diallo, tailleur



Il a rejeté les mesures prises par les deux institutions (Uemoa, Cedeao). Il déplore le caractère inhumain de ces mesures qui viennent affecter les populations déjà durement affectées par la crise sécuritaire et la crise sanitaire liée à la Covid-19. C'est dans l'esprit de tout remettre en cause au Mali, ils sont au service de la France.

Je crois que la Cedeao vient de donner une grande opportunité aux autorités maliennes de la transition non seulement de la quitter, mais aussi de créer sa propre monnaie. C’est aussi l'opportunité au peuple malien de garder sa propre souveraineté. Nous acceptons ces sanctions avec engagement et dévouement, et nous demandons au peuple malien de rester soudé.

La rédaction

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