Mozambique LNG : le Royaume-Uni se retire définitivement du financement du mégaprojet gazier de TotalEnergies
- Amadou Diallo
- 2 déc. 2025
- 2 min de lecture

Le Royaume-Uni a annoncé lundi son retrait définitif du financement du projet Mozambique LNG, un vaste complexe gazier piloté par TotalEnergies dans le nord du Mozambique, une région fortement touchée par l’insurrection jihadiste. Londres met ainsi un terme à un engagement pouvant atteindre 1,15 milliard de dollars en prêts et garanties publiques, invoquant une augmentation des risques sécuritaires et éthiques entourant le projet.
Londres invoque une montée des risques et la protection des contribuables
Devant le Parlement britannique, le ministre du Commerce, Peter Kyle, a confirmé la fin de la participation de l’agence UK Export Finance (UKEF). Cette décision intervient après des pressions d’ONG et une révision interne des conditions du projet.
« Après un examen détaillé, le gouvernement britannique a décidé de mettre fin à la participation de l’UKEF », a déclaré le ministre, ajoutant que les risques avaient « augmenté depuis 2020 » et que la poursuite du financement ne servait plus « les intérêts du pays » ni ceux des contribuables britanniques.
Un projet miné par les violences à Cabo Delgado
Le soutien du Royaume-Uni avait déjà été suspendu en 2021, à la suite de la décision de TotalEnergies de déclarer la « force majeure » après la dégradation brutale de la sécurité dans la province de Cabo Delgado. Cette zone est confrontée depuis plusieurs années à une insurrection menée par un groupe affilié à l’État islamique.
L’attaque de la ville de Palma en mars 2021, qui a fait des centaines de morts — dont 55 employés du projet, selon une enquête —, a marqué un tournant. Les accusations de graves violations des droits humains commises par des forces mozambicaines chargées de sécuriser le site ont également placé le projet sous le feu des critiques. TotalEnergies est d’ailleurs visée en France par une plainte pour « complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées ».
Un avenir incertain et une pression accrue sur les autres financeurs
TotalEnergies, premier actionnaire du projet avec 26,5 % des parts, a récemment levé la force majeure et table sur une reprise de la production en 2029, dans le cadre d’un investissement global estimé à 20 milliards de dollars. Le groupe réclame par ailleurs une compensation de 4,5 milliards de dollars pour le retard accumulé.
Le retrait britannique est accueilli comme une victoire par les ONG. Adam McGibbon, d’Oil Change International, salue une « bonne décision », tandis qu’Antoine Bouhey, de Reclaim Finance, appelle les banques encore impliquées — dont le Crédit agricole et la Société générale — à se désengager à leur tour.
Malgré les controverses, les projets Mozambique LNG, ainsi que ceux menés par ExxonMobil et l’italien ENI — qui ont également levé la force majeure —, pourraient faire du Mozambique l’un des dix plus grands producteurs mondiaux de gaz à l’horizon 2040.
Source Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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