OIF : la RDC présente Juliana Amato Lumumba pour briguer le secrétariat général
- 28 mars
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La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement désigné Juliana Amato Lumumba comme candidate au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette annonce, faite dans la nuit du 26 au 27 février 2026 par le ministère congolais de la Communication et des Médias, ouvre une compétition diplomatique directe avec l’actuelle titulaire du poste, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate à un troisième mandat.
La candidature de Juliana Amato Lumumba a été présentée solennellement le 19 mars 2026 par le président Félix Tshisekedi lors d’une cérémonie organisée à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa. L’événement s’est tenu en présence de la Première ministre et des membres du gouvernement. Le lendemain, la candidate a été reçue par le chef de l’État pour échanger sur sa stratégie de campagne auprès des 88 États et gouvernements membres de l’organisation.
Un parcours marqué par l’héritage et la diplomatie
Née le 25 janvier 1955, Juliana Amato Lumumba est la fille de Patrice Émery Lumumba, premier Premier ministre de la RDC et figure emblématique de la lutte pour l’indépendance congolaise, assassiné en 1961. Diplômée d’un DEA en sciences politiques et sociologie de la défense à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, elle débute sa carrière dans le journalisme.
Entre 1984 et 1994, elle travaille à Paris pour plusieurs médias internationaux, dont Al Manar, Al Ahram International et Dialogue International, où elle couvre notamment les questions africaines et les droits humains. Par la suite, elle s’oriente vers la diplomatie et la politique, occupant notamment des fonctions ministérielles et s’impliquant dans les enjeux de coopération économique panafricaine.
Une rivalité RDC–Rwanda sur fond de tensions régionales
La candidature de Juliana Lumumba intervient dans un contexte diplomatique tendu entre Kinshasa et Kigali. Elle vient directement concurrencer celle de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’OIF depuis 2018, réélue en 2022 lors du sommet de Djerba.
Pour Kinshasa, cette élection dépasse le simple cadre institutionnel. Les autorités congolaises estiment que la RDC, premier pays francophone au monde par sa population, doit jouer un rôle plus central dans la gouvernance de l’organisation. Elles critiquent également ce qu’elles considèrent comme un manque de position claire de l’OIF face à la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays.
Un scrutin décisif au sommet de Phnom Penh
La décision finale sera prise lors du 20ᵉ Sommet de la Francophonie, prévu en novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge. Les 88 États et gouvernements membres devront alors choisir entre la continuité incarnée par Louise Mushikiwabo et l’alternance défendue par la candidature congolaise.
Cette élection s’annonce particulièrement stratégique pour l’avenir de l’organisation. Elle pourrait révéler les nouveaux équilibres géopolitiques au sein de l’espace francophone et redéfinir les priorités de la Francophonie dans un contexte international marqué par des tensions régionales et des enjeux de souveraineté.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN




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