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ONU : l’Union africaine rejette la candidature de Macky Sall, un revers diplomatique majeur

  • 29 mars
  • 3 min de lecture

Le 27 mars 2026, l’Union africaine (UA) a opposé une fin de non-recevoir à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Vingt États membres, dont le Sénégal lui-même, ont bloqué le consensus requis, infligeant à l’ex-chef d’État un revers diplomatique d’une rare ampleur.

Un désaveu inédit pour un ancien président de l’UA

L’annonce, faite par la Commission de l’Union africaine, marque un échec retentissant pour Macky Sall. À peine trois semaines après l’officialisation de sa candidature, celui qui avait présidé l’UA en 2022 se voit désavoué par l’organisation continentale. Un camouflet d’autant plus marquant qu’il intervient au sein même de l’institution censée porter les ambitions africaines sur la scène internationale.

Le Sénégal en première ligne du rejet

Le rejet trouve en partie son origine à Dakar. Les nouvelles autorités sénégalaises, conduites par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, ont clairement refusé d’apporter leur soutien à l’ancien dirigeant.

Le gouvernement évoque notamment la gestion des manifestations entre 2021 et 2024, marquées par des violences ayant causé plusieurs dizaines de morts, ainsi que des critiques sur la transparence de la dette publique. Des organisations de la société civile, dont le collectif « Familles de martyrs », dénoncent des « crimes de sang et économiques », estimant ces accusations incompatibles avec une candidature à la tête de l’ONU.

Une opposition continentale structurée

Au-delà du Sénégal, l’opposition à Macky Sall s’est élargie à plusieurs puissances régionales. Le Nigeria, poids lourd de l’Afrique de l’Ouest, figure parmi les États ayant rejeté la candidature, aux côtés de plusieurs pays d’Afrique centrale.

Cette mobilisation dépasse le cadre d’une contestation isolée. Elle traduit une dynamique régionale significative, renforcée par la pression d’organisations de défense des droits humains. Ces dernières ont contribué à rendre inopérant le mécanisme habituel de validation par consensus implicite au sein de l’UA.

Le pari risqué du Burundi

La candidature de Macky Sall avait été portée par le Burundi, sous l’impulsion du président Évariste Ndayishimiye, alors à la tête de l’Union africaine. Officiellement motivé par la « stature internationale » de l’ancien président sénégalais, ce choix est perçu par certains analystes comme une tentative de repositionnement diplomatique de Bujumbura.

Cependant, l’initiative s’est soldée par un isolement du Burundi sur ce dossier, affaiblissant sa capacité d’influence au sein de l’organisation.

Un tournant pour la diplomatie africaine

Ce rejet met en lumière des évolutions profondes au sein du continent. D’une part, une moindre tolérance envers les anciens dirigeants, dans un contexte marqué par des transitions politiques récentes en Afrique de l’Ouest et au Sahel. D’autre part, une difficulté croissante de l’Union africaine à dégager des positions consensuelles sur les grandes questions internationales.

 

Par ailleurs, le rôle accru des sociétés civiles et des organisations de défense des droits humains apparaît désormais déterminant dans les prises de décision continentales.

Une candidature désormais compromise

Sur le plan formel, Macky Sall peut toujours se porter candidat sans l’aval de l’Union africaine. Toutefois, face à des profils déjà en lice, tels que Michelle Bachelet (Chili) ou Rafael Grossi (Argentine), l’absence de soutien continental réduit considérablement ses chances.

Ce revers pourrait ainsi marquer la fin de ses ambitions à la tête des Nations unies, tout en illustrant une recomposition des équilibres diplomatiques en Afrique.

 

Source : Afrik.Com

 

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 

 


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