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Rapprochement diplomatique : Choguel Maïga appelle à l’apaisement entre Bamako et Alger



Les relations entre le Mali et l’Algérie traversent depuis près de deux ans une phase de forte dégradation, malgré les convergences stratégiques et la présence d’un allié commun, la Russie. C’est dans ce contexte tendu que l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, actuellement détenu à Koulikoro, a adressé une lettre ouverte au président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Dans ce document rendu public le 14 janvier, à l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée (JNSR), l’ancien chef du gouvernement exprime sa « profonde préoccupation » face à l’escalade verbale et aux tensions diplomatiques entre les deux capitales. Il appelle à la « retenue » et au retour à des « relations fraternelles », regrettant des « discours inappropriés » et des « passes d’armes » qui, selon lui, fragilisent un lien historique.

Choguel Maïga cite notamment les échanges houleux entre représentants maliens et algériens lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2025, qu’il qualifie de préjudiciables à une relation fondée sur l’histoire et la géographie. Se présentant comme un citoyen soucieux de l’unité, de la souveraineté du Mali et de l’amitié avec l’Algérie, il insiste sur les liens anciens entre les deux peuples et sur la nécessité, pour leurs dirigeants, de préserver les acquis diplomatiques malgré les divergences.

L’ancien Premier ministre appelle ainsi à une « patience stratégique » et à un sens élevé de la responsabilité dans la gestion des relations bilatérales. Selon lui, les différends actuels pourraient être surmontés à travers une relecture « honnête » de l’histoire commune et un dialogue fondé sur le respect mutuel.

Cependant, cette prise de position suscite des interrogations. Plusieurs observateurs rappellent que Choguel Maïga avait lui-même joué un rôle dans la détérioration progressive des rapports entre Bamako et Alger, notamment à travers la remise en cause de l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015, signé à Alger entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord. Alors qu’il avait initialement assuré, en tant que Premier ministre, travailler à une application « intelligente » de cet accord, ses positions ultérieures ont contribué à son blocage, avant que l’accord ne soit officiellement abandonné.

Lors de la 43ᵉ session du Comité de suivi de l’accord (CSA), Choguel Maïga affirmait pourtant : « Nous respecterons nos engagements internationaux qui ne sont pas contraires aux intérêts fondamentaux du peuple du Mali », laissant entendre que le texte pouvait être mis en œuvre dans un cadre conforme aux intérêts nationaux.

La sortie médiatique de l’ancien Premier ministre apparaît ainsi comme une tentative de désescalade, au moment où la crise diplomatique entre les deux pays continue d’alimenter les débats sur les orientations stratégiques régionales.

 

Source: Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

 

LETJIKAN

 


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