Soudan : de nouvelles frappes de drones plongent Khartoum et Omdurman dans le chaos
- Amadou Diallo
- 16 oct. 2025
- 3 min de lecture

Khartoum, 16 octobre 2025 — De violentes frappes de drones ont de nouveau frappé Khartoum et Omdurman, plongeant les deux villes dans un climat de peur et d’incertitude. L’armée soudanaise accuse les Forces de soutien rapide (FSR) d’être à l’origine de ces attaques, qui remettent en cause le fragile retour à la stabilité observé ces derniers mois dans la capitale. Deux ans après le déclenchement du conflit, la guerre entre les généraux rivaux paraît plus que jamais loin d’une issue.
Des attaques d’une intensité inédite
Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs drones ont visé des positions de l’armée dans le nord-ouest de Khartoum, selon une source militaire. Les forces gouvernementales affirment avoir intercepté “la plupart des engins”, mais des explosions puissantes ont été entendues pendant plusieurs heures jusque dans Omdurman, de l’autre côté du Nil.
Ces frappes, attribuées aux FSR du général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti, marquent une escalade majeure du conflit. Elles rappellent que, malgré la reprise partielle de la capitale par l’armée au printemps, la situation demeure extrêmement précaire.
Une guerre sans fin entre deux généraux
Le Soudan est en guerre depuis le 15 avril 2023, opposant le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée et dirigeant de facto du pays, à son ancien allié Hemedti, commandant des FSR. Ce conflit, déclenché par une lutte de pouvoir au sommet de l’État, a déjà fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.
L’ONU décrit désormais la situation soudanaise comme “la plus grave crise humanitaire actuelle”. Des villes entières ont été détruites, les infrastructures effondrées et les services de base totalement paralysés.
Khartoum, un fragile espoir de reconstruction brisé
Après plusieurs mois de combats acharnés, environ 800 000 habitants avaient entrepris de revenir à Khartoum, encouragés par les efforts de reconstruction lancés par le gouvernement depuis Port-Soudan, où il s’est replié. Mais la capitale reste largement dévastée : quartiers rasés, absence d’eau et d’électricité, hôpitaux détruits.
Les frappes de drones de cette semaine risquent de compromettre les timides progrès réalisés et de raviver la peur d’un nouveau cycle de violences. “Nous pensions que le pire était passé, mais la guerre revient chaque fois plus dure”, confie un habitant du quartier d’Al-Fitihab.
Le Darfour au bord du gouffre
Si la capitale est de nouveau touchée, les combats les plus meurtriers se poursuivent à l’ouest, dans la région du Darfour. Les FSR y assiègent depuis 18 mois la ville stratégique d’el-Facher, où plus de 400 000 civils sont pris au piège, confrontés à la famine, au manque de soins et aux bombardements répétés. L’ONU alerte sur un risque de massacres à caractère ethnique dans cette région marquée par des décennies de guerre.
Un avenir incertain
Malgré les tentatives de médiation internationale, aucun cessez-le-feu durable n’a été obtenu. L’armée conserve son emprise sur le nord et le centre du pays, tandis que les FSR renforcent leurs positions dans le Darfour et le sud.
Pour de nombreux Soudanais, les frappes de Khartoum illustrent une réalité amère : la paix reste un mirage. Tant que les armes ne se taisent pas, la reconstruction du pays et le retour à une vie normale semblent hors de portée.
“Chaque explosion nous rappelle que nous ne sommes pas encore sortis de la guerre”, confie une habitante d’Omdurman, les larmes aux yeux. “Nous survivons, mais nous ne vivons plus.”
Source: Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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