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Soudan : la prise d’Al-Tina par les FSR accentue la crise sécuritaire et humanitaire à la frontière tchadienne

  • il y a 2 minutes
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Alors que le conflit soudanais s’intensifie, les Forces de Soutien Rapide (FSR) ont annoncé, samedi 21 février, la prise de contrôle totale de la ville stratégique d’Al-Tina, située à proximité immédiate de la frontière tchadienne. Cette avancée militaire marque un tournant dans l’ouest du pays et ravive les tensions diplomatiques avec N’Djamena, qui a aussitôt décidé de fermer sa frontière.

Un verrou stratégique au Darfour

Dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », les FSR poursuivent leur progression dans la région du Darfour. Après avoir consolidé leurs positions dans plusieurs localités ces derniers mois, les paramilitaires affirment désormais contrôler Al-Tina, un point de passage névralgique jusqu’alors tenu par les Forces conjointes, une coalition de groupes armés alliée à l’armée régulière soudanaise.

 

Pour étayer leur annonce, les FSR ont diffusé sur leurs canaux officiels, notamment via Telegram, des vidéos montrant leurs combattants célébrant leur entrée dans la ville.

La prise d’Al-Tina revêt une importance stratégique majeure. Elle permet aux FSR de consolider leur emprise sur la quasi-totalité du Darfour et d’isoler davantage les dernières positions de l’armée régulière dans la région. Cette avancée resserre également le contrôle des axes de ravitaillement et renforce la pression sur la frontière tchadienne, déjà fragilisée par plusieurs incidents armés ces derniers mois, dont une attaque meurtrière en décembre ayant coûté la vie à deux soldats tchadiens.

Montée des tensions avec le Tchad

Face à cette évolution, le Tchad a annoncé la fermeture de sa frontière avec le Soudan. La zone frontalière est devenue un foyer de tensions récurrentes, alimentées par des accusations croisées et des affrontements sporadiques. L’extension du contrôle des FSR à Al-Tina pourrait accentuer les risques de déstabilisation régionale.

Des accusations persistantes d’exactions

Au-delà des enjeux militaires, la progression des FSR ravive les inquiétudes de la communauté internationale concernant les violations des droits humains. Plusieurs organisations non gouvernementales accusent les forces paramilitaires d’être responsables de graves exactions, notamment des massacres ciblés, des violences sexuelles et des enlèvements.

Ces violences alimentent un exode massif de civils vers le Tchad voisin, où les camps de réfugiés sont déjà saturés.

 Chaque jour, des milliers de personnes franchissent la frontière dans l’espoir de trouver refuge face à l’insécurité persistante.

Une crise humanitaire d’ampleur mondiale

Sur le plan humanitaire, la situation au Soudan est qualifiée de catastrophique. Selon les Nations Unies, le pays traverse actuellement la plus grave crise de déplacement au monde. Le conflit aurait fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement ou l’exil de près de 14 millions de personnes.

Malgré l’ampleur du drame, la guerre soudanaise peine à mobiliser une réponse diplomatique internationale à la hauteur des enjeux. Alors que les combats s’intensifient et que les lignes de front se redessinent, la population civile demeure la principale victime d’un conflit qui s’enlise et menace de déstabiliser durablement toute la région.

 

Source : Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN



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