Sénégal : Moussa Bocar Thiam renvoyé devant la Haute Cour de Justice
- 2 mars
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Dakar, 28 février 2026 – L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté la mise en accusation de l’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, ouvrant la voie à son renvoi devant la Haute Cour de Justice. Il devra répondre de faits présumés de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux, de concussion et d’association de malfaiteurs.
La résolution a été votée en séance plénière le 27 février par 104 députés, contre 9 voix opposées et 3 abstentions. Cette procédure, prévue par la Constitution, permet de saisir la Haute Cour de Justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Des soupçons liés au « Sénégal Connect Park »
La mise en accusation fait suite aux conclusions de la Commission des lois, qui évoque « des indices et présomptions sérieux » justifiant l’ouverture de poursuites. Les faits reprochés concernent notamment la concession du Parc des technologies numériques du Sénégal, dit « Sénégal Connect Park », attribuée en mars 2024 à la société Ewan Assets pour une durée de vingt ans.
Selon le rapport parlementaire, plusieurs irrégularités auraient été relevées dans l’exécution du contrat. Il est notamment question de l’utilisation d’une partie des fonds
pour des travaux liés à une visite présidentielle, ainsi que de l’absence d’infrastructures pourtant facturées. Le montant total en cause s’élèverait à 1 476 482 766 francs CFA, soit environ 2,7 millions de dollars.
La Haute Cour de Justice devra désormais examiner le dossier conformément à l’article 101 de la Constitution. Après audition, la commission d’instruction déterminera si l’ancien ministre doit être formellement traduit devant la juridiction. Les décisions rendues par la Haute Cour ne sont pas susceptibles d’appel.
Un contexte politique sensible
Cette procédure s’inscrit dans une dynamique plus large de poursuites visant d’anciens responsables du régime de Macky Sall. Depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye en mars 2024, les nouvelles autorités affichent leur volonté de renforcer la reddition des comptes et de lutter contre les malversations présumées. À ce jour, au moins cinq anciens ministres ont été renvoyés devant la Haute Cour de Justice.
De son côté, Moussa Bocar Thiam conteste fermement les accusations. L’ancien ministre, également maire d’Ourossogui, dénonce une « cabale politique » et une « violation flagrante de la Constitution ». Installé à Dubaï depuis l’arrivée du nouveau régime, il a annoncé son intention de rentrer au Sénégal afin de « se mettre à la disposition de la justice ».Il affirme par ailleurs qu’aucun rapport des organes de contrôle tels que la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État ou la CENTIF ne mettrait en cause sa gestion.
Une procédure scrutée de près Au-delà du cas individuel de Moussa Bocar Thiam, cette affaire illustre les tensions persistantes entre le nouveau pouvoir et les figures de l’ancien régime. Tandis que le gouvernement invoque la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques, l’opposition dénonce une instrumentalisation politique de la justice.
La Haute Cour de Justice est désormais appelée à trancher. Sa décision sera observée avec attention, tant pour ses implications judiciaires que pour son impact sur l’équilibre politique du pays.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN




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