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Cameroun : Akere Muna dénonce un “coup d’État constitutionnel” et appelle à une transition démocratique


L’ancien bâtonnier du barreau du Cameroun et figure de la société civile, Akere Muna, a rejeté ce lundi 27 octobre les résultats de l’élection présidentielle camerounaise, qu’il qualifie de « frauduleux ». Dans une déclaration rendue publique à Yaoundé, le fondateur du NOW Movement a accusé le Conseil constitutionnel d’avoir « trahi le peuple camerounais » en validant la victoire de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.

« Un coup d’État constitutionnel déguisé »

« Ce n’est pas un résultat électoral, mais l’aboutissement d’un système conçu pour la conservation perpétuelle du pouvoir », a déclaré Akere Muna. Selon lui, le cadre électoral camerounais serait « captif », dirigé par des institutions soumises à l’exécutif, et dépourvu de toute indépendance réelle.

Il dénonce notamment des chiffres de participation jugés incohérents, des résultats statistiquement invraisemblables, ainsi que la prise en compte de bulletins à son nom, malgré son désistement officiel 11 jours avant le scrutin.

« L’ensemble du processus est une fiction juridique. Ce que nous vivons est un coup d’État constitutionnel », a-t-il martelé, affirmant que la légitimité démocratique ne saurait découler de la coercition et de la fraude.

Un appel à la libération des prisonniers politiques

Dans sa déclaration, Akere Muna a exigé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et l’ouverture d’un dialogue national souverain afin de définir les bases d’une transition démocratique. Il a également mis en garde contre les arrestations de leaders de l’opposition, estimant qu’elles traduisent « la peur d’un régime paralysé par ses propres citoyens ».

« La paix est brisée, et notre unité nationale fracturée au-delà de toute mesure », a-t-il ajouté, en rendant hommage aux « vies précieuses perdues depuis le 26 octobre », date marquée, selon lui, par une répression violente des manifestations post-électorales.

Un appel à la résistance civique

Se présentant comme la voix de la société civile, Akere Muna a réaffirmé son engagement pour un Cameroun “légitime, juste et uni”, appelant la population à « ne pas céder au désespoir » et à continuer de réclamer des réformes profondes.

« Le peuple camerounais mérite un gouvernement de son choix, et non un dirigeant imposé par une mascarade institutionnelle », conclut l’ancien président de l’Union panafricaine des avocats.

Contexte :

L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 a reconduit Paul Biya pour un nouveau mandat, avec un score officiel de 86 %. L’opposition dénonce des irrégularités massives et une absence de transparence dans le processus électoral. Le climat politique reste tendu à Yaoundé, où plusieurs arrestations d’opposants ont été signalées ces derniers jours.

 

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN





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