France : Arrestation d’Halima Ben Ali, fille cadette de l’ex-président tunisien, dans une affaire de blanchiment
- Amadou Diallo
- 3 oct. 2025
- 2 min de lecture

Plus de treize ans après la chute du régime de Zine El-Abidine Ben Ali, la justice française a interpellé Halima Ben Ali, fille cadette de l’ancien président tunisien, dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de fonds détournés. Arrêtée le 30 septembre 2025 à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu’elle s’apprêtait à embarquer pour Dubaï, elle a été placée sous contrôle judiciaire le lendemain par un magistrat parisien, en attendant une audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.
Cette procédure s’inscrit dans la longue traque internationale visant les dignitaires de l’ancien régime tunisien.
Un dossier emblématique de corruption
Halima Ben Ali fait l’objet de poursuites en Tunisie pour corruption, abus d’influence et complicité de détournement de fonds publics. Son nom apparaît dans plusieurs dossiers instruits après la révolution de 2011 et figure sur les listes de sanctions internationales depuis plus d’une décennie. Déjà arrêtée en Italie en 2018 à la demande de Tunis, elle avait été relâchée faute de procédure aboutie.
Le clan Ben Ali-Trabelsi, dont elle est issue, est accusé d’avoir détourné entre 15 et 50 milliards de dollars durant les 23 années de règne de l’ancien président. Selon le Forum tunisien des droits économiques et sociaux, près de 39 milliards de dollars auraient été soustraits, soit l’équivalent de 88 % du PIB tunisien en 2010. Cet empire, bâti autour de dizaines d’entreprises et de participations dans des secteurs stratégiques comme la banque, le tourisme, l’immobilier ou les télécommunications, symbolise encore aujourd’hui la mainmise du clan sur l’économie nationale.
Une extradition aux contours incertains
La procédure d’extradition de Halima Ben Ali s’annonce complexe. Si la Tunisie réclame son retour pour qu’elle réponde de ces accusations, son avocate, Me Samia Maktouf, dénonce une instrumentalisation politique et craint pour la sécurité de sa cliente. Elle a également dénoncé des conditions d’interpellation jugées humiliantes. Le précédent de Belhassen Trabelsi, beau-frère de Ben Ali arrêté en France mais jamais extradé, nourrit le scepticisme sur l’issue du dossier.
Malgré la symbolique de cette arrestation, les avoirs détournés restent largement hors de portée des autorités tunisiennes. Depuis 2011, seuls quelques millions de dollars ont été récupérés, notamment en Suisse et au Liban, tandis que l’essentiel des fonds demeure dissimulé dans les pays du Golfe. Pour beaucoup de Tunisiens, cette arrestation représente à la fois un signe d’espoir dans la lutte contre l’impunité et un rappel amer des difficultés à obtenir justice et restitution.
Source: Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires