Guerre Iran 2026 : des effets contrastés sur les prix du carburant au Maghreb
- il y a 22 heures
- 3 min de lecture

La crise déclenchée fin février 2026 par les frappes israélo-américaines contre l’Iran continue de secouer les marchés énergétiques mondiaux. Avec la fermeture de facto du détroit d’Ormuz — un point de passage stratégique pour près de 20 % du pétrole mondial — les prix du brut ont fortement grimpé avant de légèrement se stabiliser à la suite de l’annonce d’un cessez-le-feu le 8 avril.
Dans ce contexte incertain, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc subissent des impacts très différenciés, révélant des modèles énergétiques et économiques contrastés.
Un choc pétrolier majeur et inédit
Qualifié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) comme l’un des plus importants chocs d’approvisionnement des dernières décennies, le conflit a provoqué une envolée rapide des cours. Le Brent a ainsi dépassé les 110 dollars le baril en mars, atteignant des pics proches de 140 dollars avant de redescendre autour de 95 dollars après l’annonce d’une trêve temporaire.
Malgré cet apaisement relatif, les marchés restent extrêmement volatils. Les tensions persistantes dans le Golfe font planer le risque d’une nouvelle flambée, obligeant les pays importateurs comme exportateurs à s’adapter dans l’urgence.
L’Algérie amortit le choc grâce à ses ressources
Seule grande économie exportatrice d’hydrocarbures de la région, l’Algérie tire paradoxalement profit de la hausse des prix internationaux. L’augmentation des recettes d’exportation offre à l’État une marge budgétaire qui lui permet de maintenir sa քաղաքական de subventions.
Ainsi, les prix à la pompe restent largement accessibles : environ 47 dinars le litre d’essence (0,30 euro), 31 dinars pour le gasoil (0,20 euro) et 12 dinars pour le GPL. Les légères hausses enregistrées en début d’année relèvent d’ajustements administratifs et non d’une répercussion directe de la crise.
Ce système protège efficacement le pouvoir d’achat des consommateurs, même s’il repose sur un effort budgétaire important, compensé pour l’instant par les revenus pétroliers.
Le Maroc en première ligne face à la flambée
À l’inverse, le Maroc apparaît comme le pays le plus exposé. Importateur quasi total de ses besoins en hydrocarbures, le Royaume a libéralisé les prix du carburant depuis 2015. Cette décision rend les tarifs à la pompe directement dépendants des fluctuations du marché international.
Depuis le début du conflit, les prix ont connu une hausse rapide et significative. En l’espace de deux semaines, le gasoil a augmenté de 3,70 dirhams par litre et l’essence de 3,01 dirhams. Les prix atteignent désormais environ 14,50 dirhams pour le gasoil et 15,50 dirhams pour l’essence.
Les autorités ont renforcé la surveillance du marché, tandis que des voix s’élèvent pour dénoncer une répercussion plus rapide des hausses que des baisses. Les associations de consommateurs alertent sur l’impact croissant sur le pouvoir d’achat des ménages.
La Tunisie entre vulnérabilité et contraintes budgétaires
Bien que moins détaillée dans les données récentes, la Tunisie se situe dans une position intermédiaire. Importatrice nette d’énergie, elle subit également la hausse des prix internationaux. Toutefois, contrairement au Maroc, l’État continue de jouer un rôle dans la régulation des prix, ce qui limite les hausses immédiates à la pompe.
Cette stratégie a cependant un coût élevé pour des finances publiques déjà fragiles. La Tunisie doit ainsi arbitrer entre la préservation du pouvoir d’achat et la soutenabilité de son budget, dans un contexte économique délicat.
Trois modèles face à une même crise
La crise énergétique actuelle met en lumière trois approches distinctes au Maghreb :
L’Algérie, protégée par ses ressources et ses subventions ;
Le Maroc, exposé en raison de la libéralisation totale des prix ;
La Tunisie, prise entre régulation étatique et contraintes financières.
Alors que l’évolution du conflit reste incertaine, ces différences pourraient s’accentuer dans les semaines à venir, avec des répercussions directes sur les économies et les populations de la région.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN




.jpg)












Commentaires