Guerre à l’Est de la RDC : entre promesses de paix et impuissance internationale
- Amadou Diallo
- 2 nov. 2025
- 2 min de lecture

Malgré les appels répétés à la paix, les conférences diplomatiques et les aides humanitaires, la guerre à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue d’ensanglanter la région. Les mots se succèdent, mais les armes, elles, ne se taisent pas.
Une tragédie qui résiste à la paix
Depuis des décennies, l’Est congolais reste le théâtre d’une violence ininterrompue. Enfants tués, femmes violées, villages rasés : la guerre a épuisé les plumes et les discours sans jamais céder à la raison.
Les médiations se multiplient — en Angola, au Kenya, au Burundi, au Qatar ou encore à Washington — mais les résultats demeurent fragiles. Les accords de cessez-le-feu se signent, se brisent, et la paix reste un mirage.
Les causes profondes de ce conflit sont bien connues : un sous-sol immensément riche, convoité par des pays voisins et des multinationales, alimentant une économie de guerre où la cupidité l’emporte sur la dignité humaine.
Le Rwanda, souvent pointé du doigt, justifie sa présence militaire dans la région par des « mesures défensives », aux côtés du mouvement rebelle M23. Une rhétorique que peu d’observateurs trouvent crédible.
Sur le terrain, les conséquences sont terribles. Des millions de déplacés, des familles brisées, et une population prise au piège entre les armes et l’indifférence. « Les enfants n’ont jamais connu un matin sans le sifflement des balles »,résume un humanitaire basé à Goma.
Paris tente une nouvelle voie
Face à cette impasse, la France a organisé le 30 octobre 2025, à Paris, une conférence internationale humanitaire intitulée « Soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs ».
Cette rencontre a permis de mobiliser plus d’1,5 milliard d’euros destinés à l’aide humanitaire et à la stabilisation de la région. Parmi les mesures annoncées : la réouverture de l’aéroport de Goma et la mise en place de couloirs humanitaires sécurisés.
Le président Emmanuel Macron a salué une « mobilisation collective sans précédent », tout en appelant à une réponse rapide et coordonnée.
Cependant, sur le terrain, la guerre se poursuit avec une intensité accrue, compromettant la mise en œuvre des promesses.
Des promesses à l’épreuve du terrain
Cette initiative française, perçue par certains comme une tentative de relance diplomatique dans la région, soulève une question essentielle : les aides financières et humanitaires peuvent-elles réellement freiner une guerre alimentée par des intérêts économiques et géopolitiques aussi puissants ?
Les observateurs restent prudents. Beaucoup redoutent que cette conférence ne soit qu’une opération symbolique de plus, dans une longue série de réunions internationales qui n’ont jamais réussi à enrayer le cycle de la violence.
Tant que les armes continueront de parler, aucune conférence, aussi ambitieuse soit-elle, ne suffira à éteindre la douleur du Congo. La paix ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas, sur le terrain, avec courage, justice et vérité.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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