Kayes : des unités industrielles ciblées par des attaques terroristes, l’économie locale sous pression
- Amadou Diallo
- il y a 4 heures
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Trois unités industrielles ont été la cible d’attaques armées tôt dans la matinée du dimanche 11 janvier, dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali. Les assauts, attribués à des hommes armés affiliés à Al-Qaïda, s’inscrivent dans un contexte d’insécurité persistante qui affecte à la fois les populations civiles et l’économie nationale.
Selon des sources locales concordantes, entre 150 et 200 assaillants lourdement armés, arrivés à moto, ont mené ces attaques. Répartis en deux groupes, ils ont pris pour cible des usines spécialisées dans la production de ciment, de chaux et d’enduit, qu’ils ont en grande partie incendiées, causant d’importants dégâts matériels. Au moins quatre personnes auraient été enlevées sur l’un des sites attaqués.
Des images montrant des bâtiments détruits et des stocks de ciment en flammes ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Un élu local, intervenu après le retrait des assaillants, a décrit une situation « chaotique », affirmant que « tout est à reconstruire ». Des habitants de la zone ont également rapporté que les assaillants cherchaient à empêcher toute reprise de l’activité industrielle.
Une stratégie de déstabilisation économique
Ces attaques sont attribuées au Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), un groupe affilié à Al-Qaïda, qui intensifie depuis plusieurs mois ses actions contre des cibles économiques au Mali. Après avoir longtemps concentré ses offensives sur les forces de sécurité et les civils, le groupe semble désormais privilégier une stratégie visant à affaiblir l’appareil productif et les circuits économiques du pays.
La région de Kayes avait déjà été touchée par des attaques similaires en juillet 2025, au cours desquelles plusieurs employés étrangers, notamment de nationalité indienne, avaient été enlevés. À ce jour, certains d’entre eux seraient toujours retenus en captivité. Par ailleurs, en septembre et octobre derniers, le JNIM avait imposé des blocus sur des axes routiers stratégiques, perturbant l’approvisionnement en carburant et provoquant des pénuries à Bamako et dans plusieurs autres villes.
Un impact lourd sur l’investissement et la confiance
La multiplication des attaques contre des installations industrielles clés porte un coup sévère à la confiance des opérateurs économiques, tant nationaux qu’étrangers. La région de Kayes constitue un corridor commercial stratégique, notamment pour les échanges entre le Mali et les ports de la côte atlantique. L’insécurité grandissante pourrait freiner durablement les investissements et aggraver les difficultés économiques locales.
À ce stade, aucune réaction officielle immédiate n’a été enregistrée de la part du gouvernement de Bamako ni des Forces armées maliennes (FAMa) dans les heures ayant suivi les attaques du 11 janvier, selon les informations disponibles.
Ces événements illustrent l’évolution du terrorisme au Mali vers une guerre économique, visant à fragiliser davantage un État déjà éprouvé par plus d’une décennie de violences. La lutte contre cette menace ne se limite désormais plus au champ militaire, mais s’étend pleinement à la protection des infrastructures économiques, essentielles à la stabilité et au développement du pays.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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