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Mali : une saison des pluies dévastatrice fait plus de 20 000 sinistrés et accentue la crise humanitaire


Le Mali connaît une saison des pluies particulièrement meurtrière et destructrice. Selon le dernier rapport du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, publié le 2 octobre, plus de 20 500 personnes ont été sinistrées, 24 décès enregistrés et plus de 1 200 habitations effondrées à travers le pays.

Depuis le mois de juin, 44 épisodes d’inondations, 10 cas de foudre et 4 vents violents ont été signalés. Ces intempéries ont fait 35 blessés et provoqué d’importants dégâts matériels, notamment dans la région de Dioïla, où des villages entiers, comme Tiendobougou, ont été submergés. À Bamako, les fortes pluies ont inondé plusieurs quartiers populaires, provoquant l’effondrement de nombreuses maisons construites sans plan d’aménagement.

Face à l’ampleur des dégâts, les autorités ont déployé des mesures d’urgence. Selon le colonel sapeur-pompier Issa Raoul Dana Dabo, directeur du Centre de coordination de gestion des crises, des opérations de curage de marigots, la mobilisation de brigades citoyennes, et la distribution de vivres et de matériel non alimentaire sont en cours. Dans plusieurs régions, dont Kidal, les familles sinistrées ont reçu une aide d’urgence, mais celle-ci reste insuffisante face à la gravité de la situation. À Dioïla, des centaines de déplacés vivent toujours dans des écoles publiques, sans accès adéquat à l’eau, aux soins ni à un abri convenable. Les autorités évoquent également des difficultés logistiques liées à l’insécurité et au manque de carburant, compliquant les opérations humanitaires dans certaines zones enclavées.

Ces catastrophes traduisent une vulnérabilité structurelle liée au changement climatique. Les services météorologiques avaient averti d’un risque d’inondations supérieures à la normale, conséquence directe du réchauffement global. Urbanisation anarchique, déforestation, pauvreté et constructions précaires aggravent les effets des pluies diluviennes. Face à la répétition de ces crises, le gouvernement envisage une révision du Plan national de contingence multirisque et la mise en place de systèmes d’alerte précoce et de suivi hydrologique. Mais sur le terrain, les besoins restent immenses. Les autorités locales et les ONG appellent à une mobilisation internationale pour aider les sinistrés et renforcer la résilience des communautés. En 2024, les intempéries avaient déjà coûté la vie à 76 Maliens et affecté plus de 250 000 personnes, un bilan qui illustre l’urgence de repenser la gestion des risques climatiques dans tout le Sahel.

Source: Afrik.Com

 

Haoua Sangaré

LETJIKAN


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