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Maroc : de lourdes condamnations contre de jeunes manifestants révèlent le durcissement du régime

Roi du Maroc, Mohammed VI
Roi du Maroc, Mohammed VI

Agadir, 15 octobre 2025 — Le verdict rendu ce mercredi par le tribunal d’Agadir a provoqué une onde de choc au Maroc. Dix-sept jeunes, issus du collectif Gen Z 212, ont été condamnés à des peines allant de trois à quinze ans de prison ferme pour leur participation à des manifestations dans la commune d’Aït Amira, dans la région de Souss-Massa.

Ces condamnations, qualifiées de « disproportionnées » par plusieurs observateurs, symbolisent pour beaucoup le durcissement du régime marocain face à une jeunesse en quête d’expression.

Une jeunesse désabusée confrontée à la répression

Les rassemblements d’octobre, initiés par des jeunes du mouvement Génération Z, traduisaient un profond malaise social : chômage endémique, inégalités persistantes, manque de perspectives et sentiment d’exclusion politique.

« Ces jeunes ne cherchaient pas le désordre, ils réclamaient simplement d’être entendus », confie un militant local joint par téléphone.

Selon la justice marocaine, les accusés auraient participé à des actes de vandalisme et à l’incendie de véhicules de police. Mais pour de nombreux défenseurs des droits humains, ces accusations masquent une volonté politique claire : étouffer toute contestation.

Le pouvoir opte pour la fermeté

Sous le règne de Mohammed VI, longtemps présenté à l’international comme un réformateur, le Maroc connaît un resserrement autoritaire de plus en plus marqué.

Les arrestations de militants, journalistes et opposants se sont multipliées ces dernières années, souvent au nom du maintien de l’ordre public.

 

« Le gouvernement choisit la stratégie du bâton, au lieu d’un dialogue franc avec sa jeunesse », déplore un universitaire à Rabat.

Une tendance qui s’inscrit dans un contexte régional où les mouvements de jeunesse, du Sénégal à Madagascar, bousculent les régimes établis. Mais à Rabat, le pouvoir semble privilégier la répression à la concertation.

Une jeunesse en quête d’avenir

Pour les jeunes du mouvement Gen Z 212, ces lourdes peines ne sont pas seulement une punition judiciaire : elles symbolisent l’échec d’un système incapable de répondre aux aspirations d’une génération connectée, éduquée et frustrée par l’absence de débouchés économiques.

« Plutôt que de bâtir des ponts, l’État érige des murs de prison », résume un sociologue.

Dans les grandes villes comme dans les campagnes, le sentiment d’injustice et de marginalisation s’enracine, alimentant une colère silencieuse que la peur ne suffira sans doute plus à contenir.

Un avertissement pour le pouvoir

Au-delà de la sanction judiciaire, cette affaire résonne comme un signal politique fort : la contestation sociale ne sera tolérée sous aucune forme.

Mais les observateurs rappellent que l’histoire du continent montre l’inverse : la jeunesse finit toujours par revenir, plus déterminée et plus organisée.

En cherchant à museler une génération entière, le Maroc prend le risque d’alimenter la défiance et de fragiliser encore davantage son équilibre social.

 

La répression, soulignent plusieurs analystes, ne remplace jamais le dialogue — et pourrait bien accélérer ce que le pouvoir cherche justement à éviter : une crise de confiance durable entre la monarchie et sa jeunesse.

Source: Afrik.Com

 

Haoua Sangaré

LETJIKAN

 

 


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