Maroc : la contestation menée par « GenZ 212 » prend une tournure politique
- 3 oct. 2025
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Le Maroc connaît une crise sociale d’une ampleur inédite depuis le lancement des manifestations du collectif GenZ 212, un mouvement citoyen porté par une jeunesse connectée et déterminée. Après une semaine de mobilisation, ponctuée par des violences meurtrières et une montée des revendications, la contestation a franchi un cap avec un appel à la démission du gouvernement d’Aziz Akhannouch.
Des sit-in pacifiques après les violences
Ce jeudi 2 octobre, pour le sixième jour consécutif, des rassemblements pacifiques se sont tenus dans plusieurs grandes villes, dont Rabat, Casablanca, Tanger et Agadir. Encadrées par les organisateurs, ces mobilisations se sont déroulées dans le calme, contrastant avec les affrontements violents de la veille qui avaient provoqué plusieurs décès et choqué l’opinion. À Rabat, les sit-in ont été placés sous haute surveillance avec drones, unités de sécurité et canon à eau, mais aucun incident majeur n’a été signalé. Certains manifestants sont même allés jusqu’à applaudir les forces de l’ordre en fin de rassemblement.
Des revendications sociales fortes
Les protestataires réclament des réformes profondes dans les secteurs de la santé et de l’éducation, une meilleure gouvernance et une réorientation des priorités budgétaires. « Nous voulons des hôpitaux, pas seulement des stades », scandaient les manifestants, en critique directe des investissements liés à la co-organisation de la Coupe du monde 2030. Mercredi, le ministre de la Santé, Amine Tehraoui, a reconnu que les réformes en cours restaient « insuffisantes ». Mais pour GenZ 212, le malaise dépasse ce secteur : il traduit une véritable crise de confiance vis-à-vis des institutions.
Une crise politique et sécuritaire
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le collectif a officiellement demandé la dissolution du gouvernement Akhannouch et appelé à des poursuites judiciaires contre les responsables présumés de corruption. Cette annonce est intervenue après une déclaration jugée décevante du chef du gouvernement, qui s’est dit ouvert au dialogue sans apporter de réponses concrètes. L’escalade a pris une dimension dramatique avec l’attaque d’un poste de la Gendarmerie royale à Leqliaa, dans le sud du pays : des assaillants armés de pierres et de couteaux ont incendié un véhicule et tenté de pénétrer dans les locaux, provoquant l’ouverture du feu par les forces de l’ordre. Le bilan fait état d’au moins deux morts, possiblement trois, et plusieurs blessés.
Contrairement aux mouvements sociaux précédents, GenZ 212 se présente sans affiliation partisane ni syndicale, avec une approche technocratique fondée sur les audits, les réformes chiffrées et une redistribution des priorités budgétaires. Symbole d’une génération en rupture avec les compromis politiques traditionnels, il incarne la volonté d’une transformation profonde face à une crise structurelle marquée par le coût de la vie, le chômage, les inégalités territoriales et l’inefficacité des politiques publiques.
Source Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN




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