Maroc : une vague de contestation inédite secoue le royaume
- Amadou Diallo
- 2 oct. 2025
- 2 min de lecture

Le Maroc traverse depuis plusieurs jours une vague de contestation d’une intensité sans précédent. Mardi 30 septembre 2025, les forces de l’ordre sont intervenues dans différentes régions du pays pour encadrer des manifestations, parfois marquées par de violents affrontements. Selon le ministère de l’Intérieur, 263 membres des forces de sécurité ont été blessés et 409 personnes placées en garde à vue.
Des affrontements violents dans plusieurs villes
Parties de manière pacifique, les manifestations ont dégénéré dans certaines localités comme Aït Amira, Oujda, Agadir, Tiznit ou encore Inezgane-Aït Melloul. Des protestataires auraient utilisé des cocktails Molotov, des armes blanches et des pierres, entraînant des incendies, des pillages et des dégradations massives. Le bilan matériel est lourd : 142 véhicules des forces de l’ordre et 20 véhicules de particuliers endommagés, en plus de nombreux commerces et bâtiments publics saccagés. À Oujda, 51 agents ont été blessés et 40 véhicules vandalisés, tandis qu’à Skhirat-Témara, 44 membres des forces de sécurité ont été touchés et 60 véhicules détruits.
Arrestations et critiques des ONG
Le ministère de l’Intérieur affirme que les interventions ont été menées dans le respect de la loi, dans un double objectif : garantir la sécurité et préserver la liberté d’expression. Mais l’arrestation de 409 manifestants, ainsi que de nombreux contrôles d’identité, suscite un débat sur la proportionnalité de la réponse sécuritaire. Plusieurs ONG locales et internationales documentent déjà des cas de blessés et s’interrogent sur les conditions de détention et le respect des libertés fondamentales.
Une mobilisation portée par la jeunesse
La contestation est animée par le mouvement Gen Z 212, né sur les réseaux sociaux, qui fédère une jeunesse marocaine connectée, diplômée et exigeante. Initialement déclenchée par la colère face à la gestion hospitalière après plusieurs décès de femmes enceintes à Agadir, la mobilisation s’est élargie aux grandes questions sociales : chômage, inégalités, coût de la vie, qualité des services publics. Le slogan devenu viral, « Des stades ou des hôpitaux ? », illustre le rejet de grands projets comme le Mondial 2030, perçus comme prioritaires au détriment de la santé et du social.
Premières fissures politiques
La démission du conseiller municipal de Rabat, Moussa Laarif (Parti Marocain Libéral), constitue un tournant : il est le premier élu à soutenir publiquement le mouvement, appelant à un « dialogue national sérieux ». De son côté, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a convoqué une réunion d’urgence avec les partis de la majorité (RNI, Istiqlal, PAM), sans décision majeure annoncée. Le ministre de la Santé doit être auditionné au Parlement, mais la défiance vis-à-vis des institutions s’amplifie.
Une fracture générationnelle
Cette contestation met en lumière une rupture générationnelle assumée. La Gen Z marocaine se détourne des partis traditionnels et des syndicats, exigeant des réformes concrètes, mesurables et évaluées. Face à une réponse jugée trop répressive, le risque est grand de voir s’élargir le fossé entre une jeunesse déterminée et des institutions fragilisées. Les scènes de violences, relayées massivement sur les réseaux sociaux, nourrissent un sentiment d’injustice et renforcent encore la mobilisation.
Source: Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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