Modibo Mao Makalou : « Il nous faut une économie de transformation »
- Amadou Diallo
- 27 oct. 2025
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Bamako, le 27 octobre 2025 – Alors que le Fonds monétaire international (FMI) a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), l’économiste Modibo Mao Makalou, ancien sherpa de la Commission de l’Union africaine et du NEPAD, ainsi qu’ex-conseiller aux affaires économiques et financières de la Présidence du Mali, analyse les causes profondes de ce ralentissement et plaide pour un nouveau modèle de développement fondé sur la transformation structurelle.
Selon lui, cette révision traduit les difficultés persistantes au sein des deux principales économies de l’Union – le Sénégal et la Côte d’Ivoire – qui représentent à elles seules près de 50 % du PIB régional.
« Les prévisions économiques sont toujours incertaines, mais cette révision reflète surtout les tensions budgétaires et politiques dans ces deux pays », explique-t-il.
Au Sénégal, le déficit budgétaire atteint 14 % du PIB, bien au-delà de la norme communautaire fixée à 3 %, tandis que la dette publique a bondi de 119 % à 139 % du PIB. Une situation qui réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État, contraint désormais de diversifier ses sources de revenus au-delà du secteur des hydrocarbures.
En Côte d’Ivoire, la période électorale crée un climat d’incertitude qui freine l’investissement privé. À ces défis s’ajoutent les crises multidimensionnelles touchant les pays de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger), accentuant la vulnérabilité économique de l’ensemble de la sous-région.
Une région dynamique mais sous pression
Malgré ces difficultés, l’Uémoa reste l’une des zones économiques les plus dynamiques d’Afrique, avec une croissance moyenne autour de 6 %, souligne M. Makalou. Toutefois, il reconnaît que les incertitudes budgétaires et géopolitiques pèsent lourdement sur les perspectives économiques à court terme.
« Je reste optimiste. Un rebond est possible dès le début de l’année prochaine », affirme-t-il, estimant que la résilience de la région repose sur la qualité de ses réformes structurelles et sur une meilleure intégration économique.
Le modèle béninois salué L’économiste cite en exemple le Bénin, dont la croissance a été révisée à la hausse à 7 %. Il salue les réformes engagées par le pays, qui a su accéder au statut de pays à revenu intermédiaire tout en menant une politique d’endettement prudente.
« Le Bénin illustre ce qu’une gouvernance économique rigoureuse peut produire. Sa stratégie de modernisation, notamment dans le secteur du coton et la création de zones industrielles, en fait un acteur clé de la transformation du coton en Afrique de l’Ouest », souligne-t-il.
M. Makalou note également les progrès technologiques réalisés dans la dématérialisation des services publics, un facteur qui contribue à la compétitivité et à la croissance du pays.
Un changement de paradigme nécessaire
Pour l’économiste malien, le moment est venu pour les États de la région d’adopter une économie de transformation, fondée sur la création de valeur ajoutée locale, la diversification des sources de croissance et une meilleure gouvernance des ressources publiques.
« L’Afrique de l’Ouest ne peut pas se contenter d’exporter des matières premières. Il nous faut désormais une économie de transformation, inclusive et durable », conclut Modibo Mao Makalou.
Source: Bamako bamada
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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