RDC : la MONUSCO prépare un retour progressif à Uvira après son retrait du Sud-Kivu
- Amadou Diallo
- il y a 14 heures
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Après son retrait du Sud-Kivu en 2024, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) se prépare à effectuer un retour progressif dans la province. La ville d’Uvira a été identifiée comme point d’ancrage de cette première phase de redéploiement, qui s’inscrit dans le cadre des efforts de stabilisation liés au cessez-le-feu en cours dans l’est du pays.
Ce processus a été validé à l’issue de récents échanges entre le président congolais Félix Tshisekedi et Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint des Nations unies en charge des opérations de paix. Il marque une inflexion stratégique dans la gestion sécuritaire du Sud-Kivu, région toujours affectée par l’instabilité armée.
Des vols de reconnaissance avant tout déploiement
Le retour de la MONUSCO ne se fera pas de manière immédiate. Les Nations unies ont opté pour une approche graduelle, débutant par l’ouverture d’une liaison aérienne et la conduite de vols de reconnaissance au-dessus d’Uvira et de ses environs. Ces missions permettront d’évaluer les conditions sécuritaires, environnementales et opérationnelles avant toute présence au sol.
Jean-Pierre Lacroix a toutefois insisté sur la nécessité d’obtenir des garanties sécuritaires strictes. Le personnel onusien ne devra être exposé ni à des risques de brouillage électronique, ni à la présence de drones hostiles à proximité des appareils engagés dans ces opérations.
La contrainte de l’aéroport de Goma
L’un des principaux défis logistiques demeure la provenance des vols. La planification actuelle prévoit un décollage depuis Goma, dont l’aéroport est fermé depuis plus d’un an en raison de l’occupation des zones environnantes par les rebelles de l’AFC/M23. Cette situation complique considérablement l’organisation des opérations aériennes.
Face à cette contrainte, la MONUSCO travaille à l’identification et à la sécurisation de couloirs aériens fiables vers Uvira, condition indispensable à la réussite du redéploiement et à l’acheminement ultérieur des troupes et du matériel.
Une présence au sol à vocation d’observation
Une fois la phase de reconnaissance achevée et les conditions de sécurité jugées satisfaisantes, la mission onusienne prévoit d’établir une présence terrestre limitée à Uvira. Ce déploiement se fera de manière progressive et aura pour principale mission l’observation et la vérification du respect du cessez-le-feu.
Le nombre exact de Casques bleus concernés n’a pas encore été communiqué. Cette phase transitoire doit néanmoins permettre à l’ONU de marquer son retour sur le terrain en attendant l’octroi d’un mandat plus complet, attendu pour le mois de mars.
Une stabilité conditionnée aux engagements diplomatiques
Les Nations unies soulignent toutefois que la réussite de cette opération ne saurait reposer uniquement sur le dispositif militaire. La consolidation de la paix dans le Sud-Kivu dépendra largement du respect des engagements pris dans les cadres diplomatiques menés notamment sous l’égide de Washington, de Doha et de l’Union africaine.
Sans une pression diplomatique soutenue de la part des garants internationaux pour faire respecter les accords conclus, avertissent les responsables onusiens, le retour de la MONUSCO à Uvira pourrait se heurter aux mêmes blocages qui ont entravé les précédentes tentatives de stabilisation dans l’est de la RDC.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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