RDC : trois ans après les Jeux de la Francophonie, des entrepreneurs réclament 37 millions de dollars impayés
- Amadou Diallo
- il y a 2 jours
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Trois ans après la tenue des IXᵉ Jeux de la Francophonie à Kinshasa, le dossier des infrastructures construites pour l’événement refait surface. Plusieurs entreprises ayant participé aux travaux affirment n’avoir toujours pas été payées et réclament le règlement de créances évaluées à 37 millions de dollars américains.
Dans une correspondance datée du 14 novembre 2025, adressée au Directeur de cabinet du président de la République, Félix Tshisekedi, ces entrepreneurs demandent un paiement « urgent » des sommes dues. Le document, largement relayé sur les réseaux sociaux, notamment par l’animateur Claudy Siar, dénonce un « manque de reconnaissance » de l’État envers des prestataires mobilisés dans un contexte d’urgence.
Selon les signataires, les travaux ont été exécutés sous instruction expresse de la Présidence de la République, dans des délais contraints, afin de permettre à la RDC d’accueillir cet événement international organisé du 28 juillet au 6 août 2023, après plusieurs reports liés à la pandémie de Covid-19 et à des retards logistiques.
Des engagements financiers restés sans suite
Les entreprises affirment que, malgré leur contribution déterminante à la réussite des Jeux, les soldes dus demeurent impayés depuis 2022. Elles dénoncent des promesses non tenues et une succession de démarches infructueuses auprès des autorités compétentes.
« Le Gouvernement n’était pas disposé à nous payer alors que la tension sociale ne cesse de croître et que nos fournisseurs nous poursuivent en justice », indiquent les plaignants, évoquant une situation financière devenue critique pour plusieurs d’entre eux.
Une affaire qui ravive les polémiques sur le coût des Jeux
Cette réclamation intervient dans un contexte déjà marqué par de vives controverses autour du financement des IXᵉ Jeux de la Francophonie. En octobre 2023, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, avait révélé que le coût global de l’événement était passé de 48 millions de dollars initialement prévus à environ 324 millions de dollars, suscitant un tollé dans l’opinion publique.
Des chiffres contestés par le directeur du Comité national des Jeux, Isidore Kwandja Ngembo, qui avait assuré que le budget validé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’élevait à 66,9 millions d’euros, dont la totalité n’aurait pas été décaissée.
Dès 2021, un rapport interne de l’OIF avait pourtant pointé des dépenses non justifiées et un manque de transparence dans la gestion financière, notamment concernant le village des Jeux, dont le coût serait passé de 41 à 113 millions de dollars.
Des créanciers au bord de l’asphyxie financière
Dans leur courrier, les entrepreneurs alertent sur les conséquences dramatiques de ces impayés, affirmant que les investissements consentis les ont plongés dans de graves difficultés économiques. Certains évoquent un risque de faillite imminente.
Face à ce qu’ils qualifient d’« impasse », les créanciers se réservent le droit de saisir les juridictions nationales, voire internationales, si aucune solution n’est apportée. Ils
rappellent que les infrastructures concernées continuent d’être exploitées, notamment lors d’événements sportifs récents comme la CAN U17 organisée à Kinshasa en novembre 2024, sans que leurs réalisateurs n’aient été rémunérés.
Un signal inquiétant pour l’attractivité du pays
Alors que la République démocratique du Congo ambitionne d’accueillir de futurs événements internationaux, cette crise des impayés risque de fragiliser la confiance des investisseurs privés et des partenaires techniques. Pour les entrepreneurs lésés, il s’agit désormais d’un combat pour la justice sociale, la crédibilité de l’État et la reconnaissance du travail accompli au service de la nation.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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