Sécurité et coopération : Abdoulaye Diop échange avec l’ONU sur la nouvelle posture du Mali
- Amadou Diallo
- 22 nov. 2025
- 2 min de lecture

« D’une armée dépendante à une armée autonome, le Mali a changé de posture. » C’est par ces mots que le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a ouvert ce jeudi 20 novembre une séance de travail avec Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. La rencontre, également marquée par la présence du Coordonnateur résident par intérim du Système des Nations Unies au Mali, s’inscrit dans le cadre des consultations politiques régulières entre Bamako et l’organisation internationale.
Un état des lieux sans détour
Dans un contexte régional tendu — consolidation de la Confédération des États du Sahel (AES), pressions économiques, défis sécuritaires persistants — Abdoulaye Diop a dressé un diagnostic franc de la situation nationale. Il a souligné les efforts du gouvernement pour répondre simultanément aux urgences sécuritaires, sociales et économiques, tout en pointant la nature du terrorisme qui frappe le pays : « un terrorisme sponsorisé », doté d’objectifs géopolitiques et appuyé par des moyens militaires, financiers et médiatiques.
Le ministre a insisté sur la montée en puissance des Forces armées maliennes, aujourd’hui engagées aux côtés des armées du Niger et du Burkina Faso pour sécuriser l’espace confédéral de l’AES. Cette coopération militaire renforcée constitue, selon lui, un pilier essentiel de la stabilisation régionale.
Pressions économiques et campagnes médiatiques
Abdoulaye Diop a également dénoncé la « synchronisation » entre perturbations économiques et campagnes médiatiques menées, selon lui, par certains médias étrangers. Malgré ces pressions, il affirme que les récentes difficultés ont permis de révéler des vulnérabilités structurelles et d’engager des réformes visant à renforcer la résilience du pays.
Priorités du dialogue : paix, AES et coopération accrue
Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers stratégiques :
– la charte nationale pour la paix et la réconciliation, que Bamako considère désormais comme la référence unique pour toute initiative de paix ;
– la relance de la coopération sous-régionale et la reconstruction de la confiance entre États ;– l’intégration de la Confédération des États du Sahel dans les mécanismes de dialogue avec les Nations Unies ;
– le rôle des agences onusiennes dans l’amélioration des conditions de vie des populations.
Leonardo Santos Simão a réitéré l’engagement des Nations Unies à soutenir le Mali et l’ensemble de la région dans la quête de stabilité, de développement et de solutions durables aux menaces transfrontalières.
Vers un cadre de coopération adapté à la Confédération AES
Cette visite, qui s’inscrit dans la dynamique de renforcement de l’engagement onusien au Sahel, ouvre la voie à de nouvelles concertations. Les deux parties ont convenu de maintenir un dialogue rapproché, alors que le rapprochement entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger recompose progressivement les équilibres politiques et sécuritaires.
Le prochain défi consistera à adapter les cadres de coopération de l’ONU à la nouvelle architecture régionale née de la Confédération AES.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires