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Sénégal : double alerte sanitaire face à la fièvre de la Vallée du Rift et au Mpox


Dakar, le 27 octobre 2025 – Le Sénégal fait face à une double menace sanitaire. Alors que la fièvre de la Vallée du Rift (FVR) continue de se propager dans plusieurs régions du pays, les autorités sanitaires maintiennent une surveillance renforcée contre le Mpox (anciennement variole du singe). Le dernier rapport du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, publié le 26 octobre, dresse un bilan préoccupant mais jugé sous contrôle, marqué par une forte mobilisation des services médicaux et vétérinaires.

La fièvre de la Vallée du Rift progresse dans le Nord

Zoonose transmise par les moustiques et touchant à la fois les animaux et les humains, la FVR connaît une propagation continue dans le nord du pays. Selon les données officielles arrêtées au 25 octobre, 324 cas confirmés ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie, dont 28 décès et 244 guérisons. Treize nouveaux cas ont été détectés ces derniers jours, sans décès supplémentaire.

La région de Saint-Louis demeure l’épicentre de la crise, concentrant plus de 80 % des cas (265 au total). Les districts de Richard-Toll (132 cas), Saint-Louis (71), Dagana (28) et Podor (26) figurent parmi les zones les plus touchées.

Dans le reste du pays, la maladie progresse lentement vers Louga, Matam, Kaolack et Fatick, avec quelques cas isolés à Dakar et Thiès. Les autorités craignent une diffusion plus large, alimentée par la mobilité du bétail et les échanges commerciaux interrégionaux.

« La maîtrise de la fièvre de la Vallée du Rift passe avant tout par le contrôle de l’infection animale », explique le Dr Aminata Sow, vétérinaire à Richard-Toll. « Si nous limitons la contamination dans les élevages, nous réduirons considérablement les cas humains. »

Les éleveurs durement touchés

Dans les zones rurales du nord, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences économiques de l’épidémie, avec des pertes importantes de cheptel qui aggravent la précarité déjà accentuée par la sécheresse. En réponse, le ministère de l’Élevage collabore étroitement avec celui de la Santé pour renforcer la vaccination animale et sensibiliser les populations aux mesures d’hygiène.

Des équipes mixtes sillonnent actuellement les villages afin d’identifier les animaux malades et désinfecter les zones à risque.

Une riposte coordonnée sous le modèle « One Health »

Le gouvernement a lancé un plan d’action d’urgence pour renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer la prise en charge médicale et intensifier la communication communautaire. Des laboratoires régionaux ont été mobilisés pour accélérer les diagnostics, tandis que les hôpitaux de Saint-Louis et Matam bénéficient d’un appui logistique en matériel et en personnel.

Cette réponse s’inscrit dans l’approche « One Health », qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, animale et environnementale. Les autorités rappellent que la majorité des cas humains provient de transmissions à partir d’animaux infectés, notamment les bovins, ovins et caprins.

Mpox : stabilité relative, vigilance maintenue

Si la FVR monopolise l’attention, le Mpox demeure sous surveillance constante. Depuis la détection du premier cas le 22 août 2025, le Sénégal a recensé 7 cas confirmés et 2 cas probables, tous localisés dans la région de Dakar. Huit patients sont désormais guéris et aucun décès n’a été signalé. Environ 30 personnes contacts restent suivies par les équipes de santé publique.

« Le Mpox reste sous contrôle, mais nous ne devons pas relâcher nos efforts », avertit la Dr Fatou Bâ, responsable de la surveillance des maladies infectieuses au ministère de la Santé. « Les précédentes flambées dans d’autres pays africains ont montré que la maladie pouvait resurgir dès que la vigilance diminue. »

Des campagnes d’information sont menées à Dakar et dans les régions pour prévenir la stigmatisation, encourager la déclaration des cas suspects et rappeler les mesures de prévention : éviter les contacts directs avec les animaux malades, se protéger des piqûres de moustiques et consulter sans délai en cas de fièvre.

Un test pour le système de santé sénégalais

Cette double alerte met à l’épreuve la capacité du système de santé sénégalais à gérer simultanément plusieurs crises infectieuses. Malgré des ressources limitées, le gouvernement se veut rassurant : la situation reste maîtrisée,grâce à la coordination entre les structures médicales, les collectivités locales et les partenaires internationaux.

Face à ces défis, le ministère de la Santé appelle à la vigilance, à la transparence et à la solidarité communautaire pour contenir ces menaces sanitaires sans céder à la panique.

Source: Afrik.Com

 

Haoua Sangaré

LETJIKAN

 

 

 

 

 

 


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