Sénégal : l’élection de Sonko à la tête de l’Assemblée nationale accentue les tensions au sommet de l’État
- il y a 7 heures
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Quelques jours après son départ de la Primature, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal, dans un contexte de fortes tensions politiques au sein du pouvoir. Cette séquence marque une nouvelle étape dans les relations désormais fragilisées entre le président Bassirou Diomaye Faye et le leader du Pastef.
Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye mettait fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef et principal artisan de l’accession au pouvoir du parti lors de la présidentielle de 2024. Quatre jours plus tard, le mardi 26 mai, Sonko faisait son retour sur la scène institutionnelle en étant élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés.
L’élection s’est déroulée en l’absence des députés de l’opposition, qui ont boycotté la séance pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « passage en force » politique et institutionnel.
Une ascension politique rapide
Selon plusieurs observateurs, la séquence ayant conduit à l’élection de Sonko a été menée avec une grande rapidité. Dès le 24 mai, soit deux jours après son limogeage, le Bureau de l’Assemblée nationale validait sa réintégration en tant que député.
Dans la foulée, El Malick Ndiaye, alors président de l’Assemblée nationale et membre du Pastef, annonçait sa démission du perchoir tout en conservant son mandat parlementaire, ouvrant ainsi la voie à l’élection d’Ousmane Sonko.
Grâce à la majorité confortable détenue par le Pastef à l’Assemblée nationale depuis les législatives de novembre 2024, le leader du parti a été élu sans difficulté à la tête de l’institution parlementaire.
Une rupture au sommet de l’exécutif
L’évolution des relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko suscite désormais de nombreuses interrogations sur la stabilité du pouvoir sénégalais.
Les deux hommes avaient pourtant incarné un tandem politique fort lors de la présidentielle de 2024. Empêché de se présenter à l’époque, Ousmane Sonko avait soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye, alors secrétaire général du Pastef, qui avait remporté l’élection dès le premier tour avant de nommer Sonko Premier ministre.
Mais au fil des mois, des divergences seraient apparues sur plusieurs dossiers stratégiques, notamment les questions économiques, la gestion de la dette et les relations avec les partenaires internationaux. Des tensions internes sur la gouvernance et l’équilibre des pouvoirs au sein du Pastef auraient également contribué à la dégradation des rapports entre les deux dirigeants.
Une situation politique sous haute attention
L’accession d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale fait désormais émerger une configuration institutionnelle inédite au Sénégal, avec deux figures majeures du Pastef occupant les plus hautes fonctions de l’État tout en affichant des divergences de plus en plus visibles.
Alors que le parti au pouvoir conserve une large majorité parlementaire, plusieurs analystes estiment que cette nouvelle dynamique pourrait redéfinir les équilibres politiques au Sénégal dans les prochains mois.
Source: Bamako bamada
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN




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