Sénégal : la colère des Dakarois face à la flambée du prix de l’électricité
- Amadou Diallo
- 19 oct. 2025
- 2 min de lecture

Dakar, 18 octobre 2025 – La tension sociale est montée d’un cran dans la capitale sénégalaise. À l’appel du collectif Noo Lank, des centaines de manifestants ont investi les rues de Dakar vendredi pour protester contre la hausse jugée excessive des tarifs de l’électricité. Factures insoutenables, inflation galopante et désillusion politique nourrissent une colère qui ne cesse de grandir.
Des factures devenues un fardeau
Sous une chaleur accablante, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à la politique énergétique du gouvernement, accusé d’inaction. « Nous refusons ! », « L’électricité n’est pas un luxe ! », pouvait-on lire sur les pancartes brandies.
« Pour la même consommation, les factures explosent. C’est intenable pour les familles modestes », déplore un père de famille rencontré sur les lieux. Dans un contexte de vie chère, la hausse du kilowattheure aggrave la précarité énergétique de nombreux ménages.
Noo Lank plaide pour une refonte du système énergétique
Le collectif Noo Lank, fer de lance des mobilisations sociales depuis 2019, exige une révision immédiate des tarifs de la Sénélec, la société publique d’électricité, ainsi qu’une réorientation profonde de la politique énergétique nationale.
« Le Sénégal ne peut pas continuer à dépendre du fuel importé, alors que nous disposons de ressources gazières et pétrolières », affirme Mohamed Diallo, secrétaire général du collectif. Selon lui, une meilleure exploitation des ressources nationales permettrait de réduire durablement le coût de l’énergie.
Un malaise politique grandissant
Si la manifestation a débuté sur fond de revendications économiques, elle s’est rapidement transformée en tribune politique. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le manque de réformes tangibles depuis l’arrivée au pouvoir du président Ousmane Sonko.
« Nous avons cru au changement, mais la situation empire », regrette Aïssata, militante du mouvement. Ce sentiment de déception traduit la lassitude d’une partie de la population, confrontée à une hausse du coût de la vie et à des promesses de rupture restées sans suite.
Un mouvement appelé à s’étendre
Le collectif Noo Lank a déjà annoncé la poursuite des manifestations dans plusieurs régions du pays, notamment à Saint-Louis et Kaolack, jusqu’à l’instauration d’une tarification jugée plus équitable.
Face à cette contestation grandissante, les autorités gardent pour l’instant le silence. Mais dans les rues de Dakar, la colère est palpable et le message, sans équivoque :
« L’électricité n’est pas un privilège, c’est un droit. »
Source: Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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