Addis-Abeba en ordre de marche avant le sommet des chefs d’État africains
- Amadou Diallo
- 20 janv.
- 2 min de lecture

À quelques semaines du prochain sommet de l’Union africaine (UA), Addis-Abeba concentre déjà l’attention diplomatique du continent. Depuis la mi-janvier, l’Éthiopie accueille une intense phase préparatoire destinée à définir les priorités politiques, économiques et environnementales de l’année 2026.
Une étape stratégique avant le sommet de février
Depuis le 12 janvier, les représentants permanents des États membres participent à la 51ᵉ session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP). Bien que peu médiatisée, cette instance joue un rôle essentiel : elle prépare les dossiers qui seront transmis au Conseil exécutif, prévu les 11 et 12 février, puis aux chefs d’État lors du 39ᵉ sommet de l’UA, programmé les 14 et 15 février au siège de l’organisation.
À ce niveau, l’objectif est clair : examiner, harmoniser et valider les projets de décisions qui seront ensuite arbitrés par les ministres puis les dirigeants africains.
L’eau au cœur des ambitions politiques africaines
Le sommet de février se déroulera autour du thème : « L’eau comme ressource vitale pour le développement et la vie ». Ce choix reflète la gravité des défis liés à l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à la gestion durable des ressources hydriques, dans un contexte marqué par les changements climatiques.
Pour Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, il s’agit d’un dossier transversal touchant la santé, l’agriculture, l’industrialisation et même la stabilité sociale. L’orientation retenue s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du sommet mondial sur le climat de septembre 2025.
Climat, diplomatie et rôle de l’Afrique sur la scène mondiale
Au-delà de l’eau, les diplomates travaillent à l’élaboration d’une position africaine commune en vue des prochaines échéances internationales, dont la COP30 au Brésil et la COP32 prévue en Afrique en 2027, possiblement en Éthiopie.
Pour l’UA, l’enjeu est de peser davantage dans les négociations climatiques internationales, notamment en matière de financement de l’adaptation et de gestion durable des ressources naturelles.
Sécurité, intégration économique et ZLECAf
Les discussions du COREP intègrent également les questions de paix et de sécurité, avec un point sur les zones de tensions et les mécanismes de prévention.
Sur le plan économique, l’intégration continentale figure toujours parmi les priorités, en particulier autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), considérée comme un pilier de l’Agenda 2063, la vision stratégique de développement de l’UA.
Vers une feuille de route continentale sur l’eau
Parmi les documents techniques en cours d’élaboration figure une feuille de route 2026 sur l’accès durable à l’eau et aux services d’assainissement, qui doit proposer des recommandations concrètes et des projets structurants. Elle sera soumise à l’appréciation des ministres puis au vote des chefs d’État.
Un sommet présenté comme un tournant
À mesure que les préparatifs avancent, le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’annonce comme un moment charnière. Les décisions attendues pourraient façonner les politiques publiques du continent, dans un contexte où l’eau tend à devenir l’une des ressources stratégiques les plus sensibles.
En février, Addis-Abeba pourrait ainsi être le théâtre d’un virage décisif, entre ambitions climatiques, contraintes économiques et impératifs sociaux.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires