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Soutien à la Transition : quand d’anciens détracteurs deviennent piliers du pouvoir


Depuis l’arrivée au pouvoir du général d’armée Assimi Goïta en 2021, alors colonel, la scène politico-médiatique malienne connaît des évolutions qui ne cessent d’interpeller observateurs et analystes. Parmi les faits les plus marquants figure le revirement spectaculaire de certains acteurs publics, jadis critiques virulents de la Transition, aujourd’hui présentés comme ses soutiens les plus fervents.

Ces changements de posture, souvent rapides et sans justification idéologique clairement assumée, ont surpris une partie de l’opinion. Plusieurs de ces nouveaux soutiens s’étaient pourtant illustrés, dans un passé récent, par des prises de position très critiques à l’égard des autorités militaires, allant jusqu’à prédire une transition de courte durée et à remettre en cause sa légitimité à travers des publications répétées sur les plateformes numériques.

Selon certains analystes, ce retournement s’expliquerait moins par une adhésion aux orientations politiques de la Transition que par des logiques opportunistes, motivées par la recherche de positionnement, d’influence ou d’avantages matériels. Une dynamique que d’aucuns qualifient de « politique de circonstance », éloignée d’un engagement fondé sur une vision cohérente de sortie de crise ou de refondation de l’État.

Cette situation suscite des interrogations sur la solidité et la sincérité de certains soutiens affichés. Pour plusieurs observateurs, l’alignement tardif de figures autrefois hostiles

 au pouvoir en place ne constitue ni une garantie de stabilité pour les autorités, ni un indicateur fiable d’adhésion populaire aux idéaux portés par la Transition, laquelle affirme s’inscrire dans une démarche de souveraineté et de refondation institutionnelle.

Des soutiens controversés face aux attentes populaires

Au-delà des enjeux politiques, ces revirements alimentent un malaise au sein de l’opinion publique. Une partie de la population observe avec perplexité des discours parfois clivants, marqués par des attaques personnelles, des accusations et des polémiques visant d’autres acteurs engagés dans la recherche de solutions à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

Dans un contexte sécuritaire et social fragile, hérité notamment de la crise de 2012 et de ses prolongements, ces tensions contribuent à accentuer les divisions nationales. Des voix s’élèvent ainsi pour appeler à davantage de responsabilité dans le débat public, estimant que la cohésion sociale demeure un impératif face aux défis sécuritaires, économiques et géopolitiques auxquels le Mali est confronté.

Pour de nombreux citoyens, l’enjeu dépasse les rivalités de positionnement. Il s’agit avant tout de préserver l’intérêt général, d’encourager des contributions constructives et de soutenir des actions susceptibles de favoriser une sortie durable de crise, dans un climat d’unité et de responsabilité collective.

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN


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