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Algérie : l’appel de Tebboune aux jeunes en situation irrégulière à l’étranger, entre geste diplomatique et message de souveraineté


À l’issue du Conseil des ministres du 11 janvier, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a appelé les jeunes ressortissants en situation irrégulière à l’étranger à se rapprocher des consulats afin de régulariser leur situation administrative, voire à rentrer au pays si nécessaire. Une initiative qui s’inscrit à la fois dans une logique de protection des ressortissants et dans une démarche diplomatique susceptible de débloquer un dossier sensible avec Paris : celui des éloignements et des laissez-passer consulaires.

Un message de responsabilité étatique

Selon les éléments communiqués, l’appel vise les jeunes Algériens vivant « en situation de fragilité et d’illégalité » à l’étranger. Le dispositif prévoit un accompagnement

 consulaire destiné à délivrer des documents, faciliter des démarches administratives et orienter vers un retour au pays lorsque la régularisation sur place semble impossible.

Par cette initiative, Alger entend montrer l’image d’un État qui « assume les siens » : plutôt que de laisser ses ressortissants dans une zone grise faite de précarité et d’errance administrative, le pouvoir revendique une approche proactive et souveraine.

Humanité et fermeté : un positionnement adressé aux partenaires

L’annonce présente une distinction nette entre plusieurs profils. D’un côté, les jeunes en situation irrégulière dont les infractions se limitent au séjour ou à des faits mineurs ; de l’autre, ceux impliqués dans des activités criminelles ou violentes, exclus du processus.

Cette ligne, qui mêle accompagnement humanitaire et fermeté sécuritaire, constitue également un signal adressé à la France, où le débat sur l’immigration est marqué par de fortes tensions politiques. L’Algérie propose ainsi une manière d’éviter les amalgames entre irrégularité administrative et criminalité, un point souvent au cœur des controverses en Europe.

Un possible dégel sur le dossier des OQTF

Depuis plusieurs mois, les relations entre Paris et Alger étaient tendues par le dossier des obligations de quitter le territoire français (OQTF) et par les blocages liés aux laissez-passer consulaires. En remettant les consulats au centre du traitement des dossiers, Alger offre une issue politique permettant de réintroduire de la coopération là où dominait le rapport de force.

Pour l’Algérie, l’intérêt est à la fois social et diplomatique : protéger sa jeunesse des réseaux, éviter l’exploitation et réaffirmer une souveraineté pragmatique. Pour la France, c’est l’occasion de passer d’un cadre punitif à une gestion plus opérationnelle, avec des procédures clarifiées et moins de confrontation publique.

Cette initiative pourrait ainsi amorcer un déblocage sur un point de friction majeur, à condition que les deux capitales acceptent d’inscrire ce dossier dans un registre de partenariat plutôt que dans celui de la rivalité politique.

 

Source: Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 


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