Angola : la dette publique se rééquilibre, la Chine n’est plus le premier créancier
- Amadou Diallo
- il y a 6 jours
- 2 min de lecture

En l’espace de cinq ans, la physionomie de la dette publique angolaise a connu une mutation profonde. Longtemps considéré comme fortement dépendant de la Chine, l’Angola ne compte plus Pékin parmi ses principaux créanciers en 2025, selon les autorités financières du pays. Une évolution progressive mais stratégique, qui traduit un réajustement notable de la politique d’endettement de Luanda.
L’endettement intérieur devient central
Les créanciers nationaux occupent désormais la première place dans la structure de la dette publique. D’après les données de l’Unité de gestion de la dette publique (UGDP), l’endettement intérieur représente environ 28 % du stock global, faisant des ressources domestiques le principal levier de financement de l’État.
Ce choix marque une volonté claire des autorités angolaises de renforcer leur autonomie financière et de réduire leur exposition aux contraintes extérieures, dans un environnement international volatil.
Recul marqué de la Chine, diversification des partenaires
Autre signal fort de cette recomposition : la Chine est reléguée à la troisième position des créanciers de l’Angola, avec environ 19 % de la dette publique. En 2020, Pékin concentrait encore près de 34 % de l’endettement du pays, illustrant l’ampleur du changement opéré en quelques années.
Dans le même temps, le Royaume-Uni s’est hissé au deuxième rang, représentant désormais 22 % de la dette angolaise. Cette évolution témoigne d’une diversification
progressive des partenaires financiers internationaux de Luanda.
Une dette chinoise désormais sous contrôle
Pour Dorivaldo Teixeira, directeur général de l’UGDP, cette transformation a un impact direct sur la soutenabilité des finances publiques. Il souligne que la dette garantie envers la Chine est passée d’environ 16,3 milliards de dollars en 2020 à 7,3 milliards de dollars en 2025.
Cette baisse significative réduit la pression exercée par cet engagement sur le budget de l’État, alors qu’il constituait auparavant l’un des principaux facteurs de vulnérabilité financière du pays.
Vers une nouvelle stratégie de souveraineté financière
Ce déplacement du centre de gravité de la dette publique s’inscrit dans une stratégie plus large de rééquilibrage et de consolidation financière. Reste toutefois un enjeu majeur : la capacité de l’Angola à soutenir durablement la montée de l’endettement intérieur sans fragiliser son système bancaire, ni compromettre l’investissement et la croissance.
Un débat appelé à s’intensifier dans les prochaines discussions budgétaires, alors que Luanda poursuit sa quête de souveraineté financière dans un contexte économique encore contraint.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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