Burkina Faso : le transporteur STAF suspendu pour infractions répétées au code de la route
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Sur le plan administratif, tout semblait pourtant conforme. Licence d’exploitation valide, autorisations à jour, flotte opérationnelle depuis près de quatre ans. Mais à compter de ce lundi 16 février 2026, les autocars de STAF resteront immobilisés.
La Direction générale des transports terrestres et maritimes a notifié, vendredi dernier, une suspension temporaire à la Société de transport Aorèma et frères (STAF). L’entreprise, spécialisée dans le transport interurbain de voyageurs, est sommée de cesser immédiatement toute activité sur l’ensemble du territoire national. En cause : des excès de vitesse répétés et plusieurs infractions au code de la route.
Une décision ministérielle ferme
La mesure a été actée par un arrêté pris mercredi dernier par le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité. Le document évoque un « non-respect récurrent des prescriptions relatives au code de la route et aux limitations de vitesse ». Une formulation officielle qui renvoie à des pratiques régulièrement dénoncées par des usagers des routes nationales : vitesses excessives, dépassements dangereux et temps de conduite jugés préoccupants.
Silence du côté de l’entreprise
Joint par téléphone, le service de direction de STAF n’a pas donné suite aux sollicitations. Dans les gares routières de Ouagadougou, les chauffeurs de la société se montrent tout aussi discrets.
« On nous a simplement demandé de ne plus prendre la route à partir de lundi », confie l’un d’eux, sous couvert d’anonymat.
Immatriculée sous la licence 2021/03/01/T1/0002, STAF opère depuis 2021 sur plusieurs axes interrégionaux et s’est progressivement imposée comme un acteur connu du transport de voyageurs au Burkina Faso. Une notoriété qui n’a cependant pas suffi à la mettre à l’abri des contrôles.
Des obligations à remplir pour une reprise
La suspension interdit formellement à STAF de faire circuler le moindre véhicule de transport en commun pendant toute la durée de la sanction. L’arrêté ministériel impose en parallèle plusieurs obligations, dont l’exécution conditionnera une éventuelle levée de la mesure.
Les autorités rappellent que cette décision s’inscrit dans un cadre légal précis, fondé notamment sur la loi d’orientation des transports terrestres de 2008, le décret de 2014 relatif à l’exercice de la profession, ainsi que le cahier des charges de 2015 applicable à tous les transporteurs de personnes.
Le risque d’un retrait définitif de licence
Le texte est sans ambiguïté : en cas de non-respect des prescriptions, les articles 71 et 72 du cahier des charges pourront être appliqués. Ces dispositions prévoient des sanctions graduées pouvant aller jusqu’au retrait définitif de la licence d’exploitation.
Autrement dit, la suspension actuelle pourrait évoluer vers une fermeture définitive si l’entreprise ne se conforme pas aux exigences réglementaires.
Une décision qui perturbe les voyageurs
Le calendrier de la sanction ne passe pas inaperçu. La suspension intervient en pleine période de forte affluence, marquée par une intensification des déplacements interurbains. À la gare routière de Ouagadougou, plusieurs voyageurs disent avoir appris la nouvelle tardivement.
« J’ai déjà mon billet pour Bobo-Dioulasso mercredi. Je ne sais pas quoi faire maintenant », s’inquiète Alassane, commerçant. D’autres se montrent plus compréhensifs : « Si c’est pour la sécurité, on peut patienter », relativise un passager.
Un signal fort des autorités
Cette suspension figure parmi les premières décisions marquantes de la Direction générale des transports terrestres et maritimes depuis le remaniement gouvernemental du 12 janvier dernier. Elle traduit une volonté affichée de faire appliquer strictement la réglementation, y compris à l’égard d’opérateurs bien établis.
STAF dispose désormais d’un cap clair : contrôles techniques, plan de mise en conformité et renforcement de la formation des conducteurs. Des mesures qui exigent des moyens, mais surtout un engagement réel en faveur de la sécurité routière.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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