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Burkina Faso : remaniement gouvernemental et nouvelle nomenclature ministérielle sous la Transition


Le Burkina Faso s’est doté, lundi 12 janvier 2026, d’un nouvel exécutif à l’issue d’un remaniement présenté comme « technique ». Annoncée à la télévision nationale par le

Secrétaire général du Gouvernement, cette reconfiguration maintient Rimtalba Jean Emmanuel Ouedraogo au poste de Premier ministre, tout en introduisant des inflexions doctrinales à travers la transformation de plusieurs dénominations ministérielles.

Un remaniement qui s’inscrit dans une dynamique politique plus large

Invité du journal télévisé de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), le Secrétaire général du Gouvernement et du Conseil des ministres, Ousmane Ouattara, a rendu publique la composition du nouvel exécutif. Bien que qualifié de léger dans sa forme, ce remaniement s’inscrit dans la continuité des réformes engagées sous la Transition et traduit des orientations idéologiques assumées.

Des changements de nomenclature aux accents souverainistes

Le point le plus notable concerne l’évolution de la nomenclature de plusieurs départements ministériels. Certains intitulés prennent une dimension plus offensive et souverainiste, en phase avec le contexte sécuritaire et politique. Le ministère de la Défense est ainsi rebaptisé « ministère de la Guerre et de la Défense patriotique », confirmant la centralité du défi sécuritaire dans l’action gouvernementale. Le général de division Célestin Simporé conserve la direction de ce portefeuille.

Ce mouvement s’observe également dans d’autres domaines : la Fonction publique devient le « ministère des Serviteurs du peuple », tandis que l’Habitat et l’Urbanisme sont regroupés sous « Construction de la Patrie ». Ces choix lexicaux entendent réinscrire l’action de l’État dans un registre de mobilisation nationale et de refondation institutionnelle.

Mouvements au sein de l’équipe gouvernementale

Le nouvel exécutif compte vingt-deux ministres. Si la continuité prime à la tête du gouvernement, plusieurs départs et arrivées traduisent des arbitrages politiques. Quatre ministres sortent de l’équipe, dont Roland Somda (Sports, Jeunesse et Emploi), remplacé par Annick Lydie Zingué Ouattara, dans un contexte marqué par la déception sportive consécutive à l’élimination précoce des Étalons lors de la CAN au Maroc.

Luc Sorgho (Infrastructures), Roger Barro (Environnement) et Boubacar Sawadogo (Enseignement secondaire) quittent également leurs postes. Deux nouvelles personnalités font leur entrée au gouvernement, illustrant une volonté de redynamiser certains secteurs jugés stratégiques pour la vie quotidienne et les grands chantiers.

Stabilité diplomatique et recentrage institutionnel

Malgré ces ajustements, plusieurs ministres conservent leurs responsabilités, avec parfois une modification de périmètre. Karamoko Jean Marie Traoré reste à la tête du ministère des Affaires étrangères, tandis que les volets de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur disparaissent de son intitulé. De son côté, Edasso Rodrigue Bayala est reconduit à la Justice, mais sans la mention explicite des Droits humains dans la formulation de son portefeuille.

Ces réajustements traduisent une volonté de rationalisation des missions gouvernementales, en cohérence avec la priorité accordée à la sécurité, à l’efficacité administrative et à la refondation de l’État. Le maintien de Rimtalba Jean

Emmanuel Ouedraogo renforce la continuité de l’action exécutive dans un contexte de transition sensible.

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 


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