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Bénin : la majorité rafle les 109 sièges à l’Assemblée nationale après des législatives sous tension


Un mois après une tentative de coup d’État avortée, les élections législatives de janvier 2026 au Bénin ont livré un résultat sans précédent : la majorité présidentielle a remporté l’intégralité des 109 sièges de l’Assemblée nationale, laissant l’hémicycle sans opposition. Un verdict spectaculaire qui traduit une recomposition profonde de la scène politique béninoise à l’approche de l’élection présidentielle.

Organisé dans un climat encore marqué par le putsch manqué du lieutenant-colonel Pascal Tigri, le scrutin législatif avait été perçu comme un test de stabilité. Les électeurs ont finalement tranché en faveur de la continuité institutionnelle. L’Union progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR) – les deux formations soutenant le président Patrice Talon – se sont partagé la totalité des sièges, consacrant une domination parlementaire inédite.

Opposition radicale marginalisée

Au-delà de son caractère arithmétique, ce résultat révèle une évolution politique notable : la marginalisation de l’opposition la plus radicale. Le parti Les Démocrates, qui incarnait

depuis plusieurs années une ligne de confrontation ouverte avec le pouvoir, n’est pas parvenu à s’inscrire durablement dans le jeu parlementaire. Déjà minoritaire lors de la précédente législature (environ 17 % des sièges), ce courant subit un nouveau recul, sanctionné par une partie de l’électorat au profit de stratégies plus modérées.

Plusieurs figures politiques issues de cette opposition radicale avaient d’ailleurs pris leurs distances bien avant le scrutin, refusant d’être associées aux putschistes dans un contexte politique tendu. Leur ralliement à des formations de la majorité, validé dans les urnes, illustre une dynamique de recomposition centrée sur la crédibilité individuelle, l’expérience institutionnelle et la capacité d’agir, davantage que sur l’étiquette partisane.

Une majorité plurielle et des débats internes

Malgré l’absence d’opposition à l’Assemblée, l’hémicycle ne se réduit pas à un bloc monolithique. L’UPR et le BR regroupent des sensibilités diverses, issues de parcours politiques variés et parfois porteurs de priorités distinctes, notamment sur les enjeux économiques, sociaux ou territoriaux. Cette pluralité interne devrait devenir l’un des principaux lieux de débat, loin de l’image d’une simple chambre d’enregistrement.

Cette configuration s’inscrit dans une tendance observée dans d’autres pays africains engagés dans des processus de consolidation institutionnelle : recul des oppositions de rupture, montée du réformisme pragmatique et déplacement du pluralisme politique à l’intérieur des majorités plutôt qu’à travers une confrontation frontale.

En ligne de mire : la présidentielle dans trois mois

 Le prochain rendez-vous politique majeur aura lieu dans trois mois, lors de l’élection présidentielle. Le scrutin opposera le ministre de l’Économie, Romuald Wadagni, candidat de la continuité, à l’opposant modéré Paul Hounkpè. Une échéance qui viendra confirmer – ou nuancer – les lignes de force dessinées par ces législatives.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 

 


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