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Coalition « Diomaye Président » : la nomination de Mimi Touré provoque une tempête politique et secoue le camp présidentiel


La vie politique sénégalaise, déjà traversée par des équilibres internes fragiles, vient de connaître un nouvel épisode de tensions. La décision du Président Bassirou Diomaye Faye de confier la direction de la coalition « Diomaye Président » à Aminata « Mimi » Touré, en remplacement d’Aïda Mbodj, a déclenché une onde de choc au sein du mouvement. Une annonce inattendue, d’abord diffusée dans un groupe WhatsApp officiel, qui a rapidement viré au chaos numérique.

Une annonce qui met le feu aux poudres

Tout est parti d’un message simple mais lourd de conséquences. Dans le groupe WhatsApp réunissant cadres et coordinateurs régionaux, Mimi Touré a partagé la lettre officielle de sa nomination. Les réactions n’ont pas tardé : félicitations d’un côté, indignation de l’autre.

Parmi les voix les plus virulentes, celle de Mame Diarra Fam. Proche d’Ousmane Sonko et d’Aïda Mbodj, elle a dénoncé une désignation « imposée » sans consultation préalable, mettant en cause la légitimité de la nouvelle coordinatrice.

Le débat s’est rapidement enflammé. Si certains membres se sont rangés derrière cette nomination, saluant « une femme d’expérience et de rigueur », d’autres ont critiqué un « passage en force ». Au milieu de ces échanges enfiévrés, une poignée de cadres a choisi de garder le silence, espérant un retour au calme.

Un remaniement décidé depuis septembre

Selon les documents publiés, la décision du chef de l’État remonte au 10 septembre 2025, mais n’a été rendue publique que deux mois plus tard. Dans une note datée du 11 novembre, Bassirou Diomaye Faye annonce la fin de mission d’Aïda Mbodj à la tête de la conférence des leaders, tout en saluant « sa loyauté et son engagement ».

Le Président estime néanmoins urgent de relancer la machine politique. Malgré la dynamique populaire entourant sa gouvernance, les tensions internes et la lenteur des prises de décision freineraient, selon lui, la mise en œuvre du projet présidentiel.

Le pari d’une figure d’autorité

En nommant Mimi Touré, ancien Premier ministre et cheffe de campagne en 2024, le Président Faye mise sur sa réputation de rigueur et de fermeté. Sa mission : renforcer la discipline interne, réorganiser les structures et créer une coalition capable d’accompagner efficacement les réformes pilotées par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Mais le chantier s’annonce complexe. La coalition rassemble des profils hétérogènes : figures historiques du Pastef, acteurs de la société civile et nouveaux alliés locaux. Mimi Touré devra composer avec ces sensibilités contrastées et tenter de restaurer unité et cohésion, dans un climat de méfiance palpable.

Le Pastef réagit : entre loyauté et crispations

La réaction du Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, a donné la mesure des tensions. Dans un communiqué publié peu après l’annonce, le parti conteste frontalement la compétence du Président à modifier seul la direction de la coalition, rappelant que celle-ci fonctionne sur la base d’un accord collectif.

Ce message, subtil mais ferme, révèle un malaise au sein même du duo exécutif. Jusqu’ici présenté comme complémentaire, le tandem Diomaye–Sonko semble désormais traversé par une rivalité silencieuse pour le contrôle de la base politique.

Un groupe WhatsApp devenu miroir de la crise

Le groupe WhatsApp, censé servir de plateforme de coordination, s’est transformé en scène ouverte de la discorde : affrontements verbaux, départs de membres, tentatives de médiation avortées. Ce microcosme numérique illustre une fragmentation plus large du camp présidentiel.

En confiant la coordination à Mimi Touré, Bassirou Diomaye Faye entend affirmer son autorité et professionnaliser la gestion politique. Mais cette stratégie pourrait se heurter à une résistance durable, notamment du côté du Pastef, soucieux de défendre son influence.

Un défi majeur pour la stabilité de la majorité

La crise déclenchée par ce remaniement dépasse la simple réorganisation interne. Elle pose la question de l’équilibre des pouvoirs au sein de la majorité et de la capacité du Président à imposer son leadership sans fracturer sa base.

Le défi, désormais, sera de transformer cette période de turbulences en opportunité pour consolider une coalition unie autour des priorités nationales, au-delà des ambitions personnelles et des rivalités internes.

 

Source: Afrik.Com


Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 


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